lundi, août 02, 2010

DÉCHÉANCE DE LA NATIONALITÉ FRANÇAISE POUR CERTAINES CATÉGORIES DE PERSONNES : Les amalgames odieux de sarkozy

«Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit; je n’étais pas communiste. Quand ils ont jeté en prison les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit; je n’étais pas social-démocrate. Quand ils sont venus chercher des catholiques, je n’ai pas protesté; je n’étais pas catholique. Quand ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour protester.»

Pasteur Martin Niemöller déporté (1892-1984)

Le discours sécuritaire de Grenoble du président Sarkozy a secoué le landerneau en France en provoquant un tollé pour certains et une approbation militante pour d’autres. De quoi s’agit-il? Pour la première fois, il est fait appel à la notion de déchéance de la nationalité, non pas à des Français, d’une façon indifférenciée, mais pour certaines catégories de Français d’origine immigrés. Cette distinction ouvre le débat sur la notion d’identité française acquise d’une façon provisoire ou définitive. Il est vrai que cette dichotomie du refus de ces éléments allogènes au corps social a toujours existé sous les différents gouvernements. N’est-ce pas en effet, le général de Gaulle qui s’écriait: «(...) Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante?» N’est ce pas aussi le président Mitterrand qui parlait du seuil de tolérance? Jacques Chirac, lui, parle de bruit et d’odeur pendant que Jean-Pierre Chevènement traite les jeunes beurs de sauvageons comme aux plus belles heures du mythe des races supérieures cher à Jules Ferry, et du langage zoologique dont parle si bien Frantz Fanon.


Un article pertinent du Journal Le Monde analyse les points forts du discours de Grenoble: (...) Lutte contre la délinquance, encore et toujours. (...) Après un train d’annonces répressives concernant les gens du voyage et les Roms, ce sont cette fois les jeunes délinquants qui sont dans le collimateur du chef de l’Etat, mais aussi l’immigration. «Le Parlement examinera la possibilité d’étendre les peines plancher aux auteurs de violences aggravées.» (...) La nouveauté serait ici de les mettre en application dès la première condamnation, ce qui correspond à une revendication des syndicats policiers. La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un policier, d’un gendarme. On se souvient du provocateur «la France, tu l’aimes ou tu la quittes», lancé par Nicolas Sarkozy en 2006. Avec cette proposition de retrait de nationalité en cas d’agression sur un policier, le chef de l’Etat ne fait que reprendre une idée évoquée dans le programme de 2007 du Front National.(...) «Je souhaite que l’acquisition de la Nationalité française par un mineur délinquant au moment de sa majorité ne soit plus automatique.» (...) «Je souhaite que l’on évalue les droits et prestations auxquelles ont accès les étrangers en situation irrégulière. Une situation irrégulière ne peut conférer plus de droit qu’une situation régulière et légale.» Nicolas Sarkozy renoue ici avec une vieille thématique, aussi utilisée par l’extrême droite. (...) «Réforme profonde du droit pénal appliqué aux mineurs et saisine immédiate du tribunal pour enfants.» «Les parents manifestement négligents pourront voir leur responsabilité engagée sur le plan pénal.»(1)

La République mise à mal
Pour rappel, selon l’article 1er de la Constitution française «La République assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion». Du point de vue du droit, pour Le professeur Guy Carcassonne, toute déchéance qui laisserait un individu apatride ou qui serait basée sur le mode d’acquisition de la nationalité serait inconstitutionnelle! M.Sarkozy s’attaque ainsi à deux principes juridiques considérés comme intangibles depuis la Libération: le droit à la nationalité et le refus de toute distinction entre les Français «de souche» et ceux ayant acquis récemment la nationalité. Les réactions sont vives à Gauche «Le président de la République a pris la lourde responsabilité de faire des étrangers et des personnes d’origine étrangère ceux et celles qui seraient responsables de l’insécurité», déclare la Ligue des droits de l’homme dans un communiqué. «Ce qui est en cause, ce n’est plus le débat légitime en démocratie sur la manière d’assurer la sécurité républicaine, c’est l’expression d’une xénophobie avérée. Quelle que soit la légitimité que confère l’élection, aucun responsable politique ne détient le mandat de fouler aux pieds les principes les plus élémentaires de la République, et de désigner à la vindicte des millions de personnes. Le président de la République et son gouvernement mettent ainsi en oeuvre une stratégie de la tension, en espérant sans doute retrouver un électorat perdu, au risque de mettre en péril la paix civile. (...)Le Parti socialiste comme les Verts ont insisté sur "l’échec" de la politique de sécurité du président. (...) Pour Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), la nationalité acquise ne doit pas être remise en cause pour des raisons de droit commun sauf à créer une catégorie nouvelle de sous-Français conditionnels. (...)»(2)


A Droite, le discours ultra-sécuritaire de Grenoble est salué par la «droite populaire», un collectif de députés UMP qui assume vouloir reconquérir l’électorat FN. Ils revendiquent des valeurs très ancrées à droite: travail, famille, patriotisme, nation, sécurité, liberté d’entrepren-dre...Il s’agit, selon le député Lionnel Luca (Alpes-Maritimes), qui est l’un des initiateurs de ce rassemblement, de «revenir aux fondamentaux» du sarkozysme. Ce même Lionel Lucas, émigré de la deuxième génération, dont le père est roumain, avait défrayé la chronique en s’associant dans sa tentative de diaboliser le film de Bouchareb à deux autres personnalités, le député Emile Aboud d’origine libanaise et le secrétaire d’Etat aux anciens combattants Hubert Falco d’origine italienne qui, on l’aura compris, ne sont pourtant pas français de souche! Mystère! à moins de faire appel à un autre paramètre, la culture et surtout, le culte qui berce l’imaginaire de chacun même en terre de laïcité.


François Sergent résume l’importance du message du président Sarkozy: «Ce sont, dit-il, des mots pour faire mal, des mots pour discriminer. Après sa sortie sur le "comportement des gens du voyage et des Roms", le président s’attaque aux étrangers et aux fils et filles d’étrangers. Ce président qui se dit féru d’histoire revient aux mesures pratiquées aux heures les plus honteuses du passé français: la déchéance de la nationalité, pour la dernière fois utilisée par le régime de Vichy contre les Juifs. Il veut ainsi créer deux catégories de Français, ceux de souche, aussi vaine que soit cette définition, et ceux de naturalisation récente, donc suspecte et suspensive. Dans un amalgame odieux, il assimile ainsi la délinquance à l’immigration. (...) On ne saurait mieux ratisser sur les terres de l’extrême droite. Mais, ce n’est pas de l’angélisme de dire que la force et la répression ne peuvent résoudre la délinquance et le mal-vivre dans les quartiers. Il existe des solutions républicaines, mélange de prévention, d’éducation et de maintien de l’ordre et de la loi.»(3)


Il reste cependant, à lever une ambigüité comme l’écrit Julien Martin: «Le chef de l’Etat veut déchoir de leur nationalité les délinquants d’origine étrangère. En 2006, il refusait toute forme de double peine. (...)Nicolas Sarkozy semble bien éloigné de l’égalité républicaine...et de son ancienne «conviction». Une «conviction» pourtant couchée noir sur blanc lorsque, après deux années passées au ministère de l’Intérieur, il écrit en 2004: «La réforme de la double peine a procédé de la même conviction: à chaque délit, à chaque crime, il doit y avoir une réponse pénale ferme. Mais celle-ci ne peut varier selon que l’on est, sur sa carte d’identité, Français ou non. Lorsqu’il a passé toute son enfance en France ou qu’il y a fondé une famille, le second n’a pas à subir une seconde sanction en étant expulsé dans son pays de nationalité et coupé de sa famille.» Si le chef de l’Etat s’éloigne aujourd’hui de cette position, il se rapproche en revanche du programme du Front national.(4).


Sur quelle vision de l’histoire doit reposer l’identité nationale? Celle d’une France gauloise, continuée par les rois, accomplie définitivement avec la République? Ou celle d’une France métissée, faite de diversités culturelles et ethniques, ouverte sur l’avenir? Qu’est-ce qu’être français au XXIe siècle? Doit-on comme le réduit le débat actuel, tenir à distance le musulman au point qu’à la 4e génération on parle encore de l’origine des beurs? Qu’est-ce qu’un Français de souche? (5) Dans un de ses discours, le président Sarkozy déclarait: «(...) Mais je veux leur dire aussi que, dans notre pays, où la civilisation chrétienne a laissé une trace profonde, où les valeurs de la République sont partie intégrante de notre identité nationale, tout ce qui pourrait apparaître comme un défi lancé à cet héritage et à ces valeurs condamnerait à l’échec l’instauration si nécessaire d’un Islam de France [...]» Les musulmans doivent-ils comprendre, explique Evariste, que «la France, tu l’aimes chrétienne ou tu la quittes»? (...) Ce serait oublier que la République s’est construite en rupture avec la France chrétienne, (...) qu’il aura fallu qu’un sang impur abreuve nos sillons (que le sang bleu des forces monarchistes et cléricales soit versé).(6)

L’immigré Sarkozy
Nous donnons la parole à Jean Baubérot qui répond magistralement et avec humour au président Sarkozy: «Tu as écrit une tribune dans Le Monde (9 décembre) qui a retenu toute mon attention. En effet, tu t’adresses à tes "compatriotes musulmans", et c’est mon cas, moi Mouloud Baubérot, frère siamois de celui qui tient ce blog. Avant, par politesse, il faut que je me présente très brièvement. Ma famille provient de Constantine,. Nous sommes donc d’anciens Français. D’autres nous ont rejoint peu de temps après et sont devenus Français, en 1860, tels les Niçois et les Savoyards. Et au siècle suivant, d’autres sont encore venus. Certains de l’Europe centrale, bien différente de notre civilisation méditerranéenne. Mais, comme tu l’écris très bien, nous sommes très "accueillants", nous autres. Alors nous avons donc accueilli parmi eux, un certain Paul Sarkozy de Nagy-Bosca, qui fuyait l’avancée de l’Armée rouge en 1944. Nous sommes tellement "accueillants" que nous avons fait de son fils, ton frère siamois, immigré de la seconde génération, un Président de notre belle République. Comment être plus accueillants? Mais faudrait quand même pas tout confondre: entre lui et moi vois-tu, c’est moi qui accueille, et lui qui est accueilli. Je suis d’accord, moi Mouloud qui t’accueille, je dois te faire "l’offre de partager (mon) héritage, (mon) histoire (ma) civilisation), (mon) art de vivre". Tiens, je t’invite volontiers à venir manger un couscous avec moi. (...)»(7)


Contrairement à moi, puisque tu n’es en France que depuis une seule génération, tu as encore beaucoup de choses à apprendre quant aux «valeurs de la République (qui) sont partie intégrante de notre identité nationale». (...) D’abord, la laïcité, ce n’est nullement «la séparation du temporel et du spirituel» comme tu l’écris. Le «spirituel» et le «temporel», ce sont des notions théologiques, et cela connotait des pouvoirs. (...) Pour être concret, je vais te raconter l’histoire de France en la reliant à ma propre histoire d’ancien Français, du temps où toi, tu ne l’étais pas encore. Pendant la guerre 1914-1918, mon arrière-grand-père est mort au front, comme, malheureusement, beaucoup de Français, de diverses régions: Algérie, Savoie, ou Limousin,...car nous avons été environ 100.000, oui cent mille, musulmans à mourir au combat pour la France. Nous étions déjà tellement «arrivés» en France, que nous y sommes morts! Ces combats avaient lieu dans cette partie de la France appelée «métropole». Ma famille y était venue, à cette occasion, et elle y est restée. A Paris, précisément. Comme nous commencions à être assez nombreux, et provenant, outre la France, de différents pays, la République laïque a eu une très bonne idée: construire une mosquée, avec un beau minaret bien sûr. Elle avait décidé, en 1905, de «garantir le libre exercice du culte». «Garantir», c’est plus que respecter. (...) De plus, et je vais t’étonner Nicolas, les laïques, ils aimaient bien les minarets. Quand on a posé la 1ère pierre de la mosquée, le maréchal Lyautey a fait un très beau discours. Il a déclaré: «Quand s’érigera le minaret que vous allez construire, il montera vers le beau ciel de l’Ile de France qu’une prière de plus dont les tours catholiques de Notre-Dame ne seront point jalouses.»(7)


Un feu mal éteint! C’est ainsi que l’on peut qualifier les combats incessants et récurrents post-révolution algérienne du pouvoir français actuel à l’endroit des Algériens toutes générations confondues. Le tsunami dans les consciences suite à l’invasion du 5 Juillet 1830 par l’armée d’Afrique continue d’avoir des répliques près de 180 ans plus tard sans qu’il y ait de solde de tout comptes. Les beurs, à leur corps défendant, continueront à servir de variable d’ajustement - rhétorique connue dans les périodes difficiles. Souvenons-nous des attaques contre les Italiens coupables de manger le pain des Français, dans les années 20 du siècle dernier. Comme précédemment avec le concept «d’immigration choisie», on assiste à une dérive vers une société d’apartheid où la naissance, le privilège, la bonne fortune, la distinction de classe est tout, la citoyenneté, rien! Dans ce discours, une catégorie d’humains est supérieure aux autres. Celle des Français de souche par rapport aux étrangers devenus français le temps d’une NDD- Nationalité à Durée Déterminée- qui peut se transformer au bout d’un temps long en NDI, si le citoyen du deuxième collège se tient à carreau avec toujours l’épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Mutatis mutandis la citation du pasteur Niemöller peut s’appliquer à la situation actuelle; les Français épris de justice qui refusent les amalgames pourraient méditer les prémisses de situation analogue comme l’écrit un internaute:
«Ils sont venus chercher les jeunes de banlieue: j’ai approuvé ce sont des voyous. Ils sont venus chercher les gens du voyage: normal ce sont des voleurs de poule. Ils sont venus chercher mon voisin: normal ses parents sont nés au Mali. Ils sont venus chercher le copain de ma fille: normal ses grands-parents sont nés en Algérie. Ce matin on a tapé à ma porte.Je ne me souviens plus du lieu de naissance de mes grands-parents.» Dont acte!

(*) Ecole nationale polytechnique

1.S.Laurent: Délinquance, immigration: Sarkozy poursuit son virage. Le Monde 30. 07.2010
2.Vives réactions après les propos de Nicolas Sarkozy sur la sécurité. Le Monde.fr 30 07 2010
3.François Sergent Suspect. Libération 31/07/2010
4.Julien Martin: Déchéance de la nationalité: Sarkozy contredit Nicolas Rue89 30/07/2010
5.Chems Eddine Chitour: Comment être français au XXIe siècle. Site Alterinfo 18 12 2009
6.Évariste: Nicolas Sarkozy et la boîte de Pandore. Respublica n°630. 13 décembre 2009
7.Lettre de Mouloud Baubérot à Nicolas Sarkozy: Site Oumma.com 14 décembre 2009

Pr Chems Eddine CHITOUR

Liens:
http://www.lexpressiondz.com/article/8/2010-08-02/79140.html

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mercredi, mars 04, 2009

Une bavure filmée fait scandale en Israël

L'association israélienne de défense des droits de l'homme B'Tselem a diffusé, dimanche 20 juillet, une vidéo datée du début du mois, qui montre, dans le village cisjordanien de Nilin, un soldat israélien tirer une balle en caoutchouc sur un Palestinien menotté et les yeux bandés à 1,50 m. L'armée israélienne a ouvert une enquête et le soldat a été arrêté. Dans un communiqué, Tsahal déclare qu'"il s'agit d'un grave incident en totale violation des règles de conduite et de sécurité".



liens
http://www.lemonde.fr/proche-orient/video/2008/07/21/
une-bavure-filmee-fait-scandale-en-israel_1075638_3218.html

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Israel, sa stratégie cachée

L'offensive de grande envergure lancée contre une population civile, concentrée dans ce qui est un véritable ghetto, un camp de concentration. Car ces gens sont enfermés dans un territoire dont ils ne peuvent pas sortir.

1ère partie


2ème partie

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vendredi, janvier 16, 2009

Gaza: Little picture, Big Picture of what US President and Congress are denying

On Saturday 10 January 2009, Australia’s most well-known cartoonist and social commentator Michael Leunig, gave his readers a disturbing account of how the time-honoured traits of decency and caring for others in what we call our civilized world, are fast giving way to the callous “me first” syndrome with dire consequences for the human condition that few realise will inevitably affect even them. He recounts a shocking incident where a woman is accosted by a group of men in a suburban street and is saved by a 72-year-old man who is badly beaten, but lives with honour intact. He then reminds us about the incomprehensible atrocities taking place in Gaza against an imprisoned and defenceless people while most of the world turns away without any sense of outrage or compassion. We pick up his story from this point.

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GAZA La Réalité cachée d'un massacre

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jeudi, janvier 15, 2009

Prêt à regarder la réalité en face à propos d'Israël ?

Par Paul Craig Roberts
CounterPunch, le 25 juillet 2008
article original : "Are You Ready to Face the Facts About Israel? "

"Le 21 octobre (1948), le Gouvernement d'Israël a pris une décision qui allait avoir un effet durable et semeur de discorde sur les droits et le statut de ces Arabes qui vivaient à l'intérieur de ses frontières : l'établissement officiel d'un gouvernement militaire dans les zones où la plupart des habitants étaient arabes."
— Martin Gilbert, "Israel: a History"

J'avais renoncé à essayer de trouver un Américain doté d'une conscience morale et du courage qui va avec, et j'étais sur le point d'abandonner mon clavier lorsque j'ai rencontré le pasteur Thomas L. Are.

M. Are est un pasteur presbytérien qui avait l'habitude de dire à ses paroissiens d'Atlanta (Géorgie) : "Je suis sioniste". Comme la plupart des Américains, le pasteur Are avait été séduit par la propagande israélienne et contribuait à la propager auprès de son assemblée de fidèles.

Vers 1990, le pasteur Are eut une prise de conscience qu'il a attribuée au chanoine de la cathédrale Saint-Georges de Jérusalem et auteur Marc Ellis, coéditeur du livre, "Beyond Occupation" [au-delà de l'occupation].

Réalisant que son ignorance de la situation sur le terrain l'avait rendu complice de graves crimes, le pasteur Are écrivit un livre en espérant éviter à d'autres de commettre les mêmes erreurs et peut-être se racheter en partie, "Israeli Peace Palestinian Justice", publié en 1994 au Canada.

Le Pasteur Are avait fait des recherches sur ce sujet et écrit un livre courageux. Il faut se rappeler que 1994 était bien avant le livre de Walt et de Mearsheimer, sorti récemment, qui a exposé le pouvoir du Lobby d'Israël et sa capacité à contrôler l'explication apportée aux Américains sur le "conflit israélo-palestinien".

Le pasteur Are commence par un compte-rendu de la première attaque contre les Palestiniens, un événement qui s'est produit avant que la naissance de la plupart des Américains aujourd'hui en vie. Il cite l'éminent historien britannique, Arnold J. Toynbee : "Le traitement infligé aux Arabes palestiniens en 1947 (et en 1948) était tout aussi moralement indéfendable que le massacre de six millions de Juifs par les Nazis. Bien que ce ne fût pas comparable quantitativement avec les crimes des Nazis, ce l'est qualitativement."

Golda Meir, considérée par les Israéliens comme une grande dirigeante et par les autres comme l'une des grandes criminelles de l'histoire, contestait les faits : "Ce n'était pas comme s'il y avait un peuple palestinien en Palestine et que nous soyons venus et les en avions chassés et pris leur pays. Ils n'existaient pas."

L'apologie de Golda Meir pour les grands crimes d'Israël contredit tellement les faits que l'on en reste abasourdi. Les camps de réfugiés palestiniens existent toujours à l'extérieur de la Palestine et sont remplis des Palestiniens et de leurs descendants, dont les villes, villages, maisons et terres furent saisis par les Israéliens en 1948. Le pasteur Are fournit au lecteur la description que Naïm Atik a faite de ce qui lui est arrivé, à l'âge de 11 ans, lorsque les Juifs arrivèrent à Beisan le 12 mai 1948. Des communautés entières de Palestiniens disparurent purement et simplement.

En 1949, les Nations Unies dénombraient 711.000 réfugiés palestiniens.[United Nations General Assembly Appendix 4, No. 15 ]

En 2005, l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient [UNRWA] estimait que 4,25 millions de Palestiniens et leurs descendants étaient réfugiés hors de leur patrie.

La politique israélienne consistant à évincer les non-Juifs s'est poursuivit pendant soixante ans. Le 19 juin 2008, le Comité Laity en Terre Sainte a rapporté sur le site Window Into Palestine que le Ministère de l'Intérieur israélien est en train de supprimer les droits de résidence des Chrétiens de Jérusalem qui ont été reclassés comme "visiteurs dans leur propre ville".

Le 10 décembre 2007, le député israélien Ephraïm Sneh pérorait dans le Jérusalem Post qu'Israël avait remporté "une vraie victoire sioniste" sur le plan de partition de l'ONU "qui cherchait à établir deux nations sur la terre d'Israël". Ce plan de partition avait alloué à Israël 56% de la Palestine, laissant les Palestiniens avec seulement 44%. Mais Israël a altéré ceci au fil du temps. Sneh a fièrement déclaré : "Lorsque nous aboutirons à un règlement permanent, nous détiendrons 78% de la terre, tandis que les Palestiniens en contrôleront 22%."

Sneh aurait pu ajouter que ces 22% sont essentiellement un ramassis de ghettos séparés les uns des autres et séparés des routes, de l'eau, des établissements de santé et des emplois.

Le pasteur Are décrit que les abus contre les droits des Palestiniens sont la politique officielle d'Israël. Les assassinats, la torture et les passages à tabac sont routiniers. Le 17 mai 1990, le Washington Post a rapporté que [l'association] Save the Children [Sauvez les Enfants !] "a prouvé, documents à l'appui, les passages à tabac commis sans distinction, l'utilisation de gaz lacrymogène et les fusillades d'enfants chez eux ou juste à l'extérieur de chez eux, lorsqu'ils jouent dans la rue, sont assis dans leur salle de classe ou qu'ils se rendaient à l'épicerie."

Le 19 janvier 1988, le Ministre de la Défense Yitzhak Rabin, qui deviendra plus tard Premier ministre, annonça la politique de "raclées punitives" contre les Palestiniens. Les Israéliens ont décrit le but de cette raclée punitive : "Notre tâche est de recréer une barrière et d'amener à nouveau la peur de la mort aux Arabes de la région."

Selon Save the Children, le passage à tabac d'enfants et de femmes sont habituels. Le pasteur Are, citant ce rapport dans le Washington Post, écrivait : "Save the Children a établi qu'un tiers des enfants battus avaient moins de 10 ans et qu'un cinquième d'entre eux avaient moins de cinq ans. Près d'un tiers des enfants battus souffraient de fractures."

Le 8 février 1988, le magazine Newsweek citait un soldat israélien : "Nous avions reçu l'ordre de frapper à chaque porte, d'entrer et de nous emparer de tous les hommes. Les plus jeunes étaient alignés face contre mur et les soldats les frappaient avec des matraques. Ce n'était pas une initiative privée, mais les ordres de notre commandant de compagnie… Après que l'un des soldats eut terminé de battre un détenu, un autre soldat le traita de 'Nazi' et le premier homme lui rétorqua : 'Espèce de cœur d'artichaut'. Lorsque l'un des soldats essaya d'en stopper un autre qui frappait un Arabe sans raison, les coups de poings se mirent à voler." C'était au temps où la conscience n'avait pas encore été éliminée des rangs de l'armée israélienne.

Dans le London Sunday Times du 19 juin 1977, Ralph Schoenman, directeur exécutif de la Bertrand Russell Foundation, a écrit : "Les interrogateurs israéliens maltraitaient et torturaient les prisonniers arabes de façon routinière. Les prisonniers ont une cagoule sur la tête ou les yeux bandés et sont pendus par leurs poignets pendants de longues périodes. La plupart d'entre eux est frappée aux parties génitales ou ils sont abusés sexuellement d'une manière ou d'une autre. La plupart subissent des agressions sexuelles. D'autres reçoivent des décharges électriques."

Amnesty International a tiré la conclusion suivante : "Il n'y a aucun autre pays au monde où l'usage officiel de la torture prolongée est aussi bien établi et documenté que dans le cas d'Israël."
Même le Washington Post pro-israélien a rapporté : "Lorsqu'il est arrêté, un détenu endure une période de privation de nourriture et de sommeil suivant des méthodes institutionnalisées, et le prisonnier est obligé de rester debout durant de longues périodes avec les mains menottées en l'air et un sac crasseux lui recouvrant la tête. Les prisonniers sont tirés sur le sol, frappés avec divers objets, savatés, déshabillés et placés sous des douches glacées."

On se croirait à Abou Ghraïb [N. du T. : en Irak, la prison où les Américains faisaient subir toutes sortes de tortures aux Irakiens] ! Des reportages de presse affirment que des experts en torture israéliens ont participé aux tortures des détenus rassemblés par les soldats américains, ce qui faisait partie de la propagande du Régime de Bush pour convaincre les Américains que l'Irak était submergé de terroristes d'Al-Qaïda. Le 23 juillet 2008, le site Antiwar.com a posté un reportage de presse irakien selon lequel le gouvernement irakien avait libéré un total de 109.087 Irakiens "détenus" par les Américains. Evidemment, ces "détenus terroristes" avaient été utilisés pour les besoins de la propagande du Régime de Bush. Personne ne saura jamais combien d'entre eux ont été abusés par les tortionnaires israéliens importés par la CIA.

L'ouvrage du pasteur Are fait des suggestions intelligentes pour résoudre le conflit commencé par Israël. Toutefois, le problème est que les gouvernements israéliens ne croient qu'en la force. La politique du gouvernement israélien a toujours été de battre, de tuer et de brutaliser les Palestiniens pour les soumettre et les obliger à fuir. Quiconque en doute peut lire le livre du meilleur historien israélien Ilan Pappe, "Le Nettoyage Ethnique de la Palestine" (2006).

Les Américains sont un peuple crédule et naïf. Ils ont été pendant 60 ans complices des crimes qui, selon les mots d'Arnold Toynbee, "sont comparables en qualité" aux crimes de l'Allemagne nazie. Alors que Toynbee écrivait ceci il y plusieurs dizaines d'années, l'accumulation des crimes israéliens pourrait être maintenant comparable aussi en quantité [aux crimes des Nazis].

Les Etats-Unis mettent régulièrement leur veto sur les condamnations d'Israël par les Nations-Unies pour ses crimes brutaux contre les Palestiniens. Les contribuables américains insouciants ont été saignés pendant un demi-siècle pour fournir aux Israéliens les meilleures armes avec lesquelles ils attaquent leurs voisins, et l'Amérique - qui est essentiellement une nation captive - s'est laissée convaincre qu'Israël est la victime.

Voici ce que John F. Mahoney a écrit : "Thomas Are me rappelle Dietrich Bonhoeffer : un pasteur actif qui arrive à la réalisation dérangeante que lui et son peuple ont alimenté un terrible mensonge qui tue et torture des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants innocents. Point n'est besoin d'être devin pour deviner qu'un tel pasteur, à son tour, risque de perturber ses fidèles. Le pasteur Are a fait son travail, et je pense qu'il a souvent et longtemps prié pendant qu'il écrivait son livre courageux."

Bonhoeffer était un théologien et un pasteur luthérien, qui fut exécuté pour sa participation active dans la résistance allemande contre le nazisme.

Le Professeur Benjamin M. Weir, du Séminaire Théologique de San Francisco, a écrit : "Ce livre mettra le lecteur mal à l'aise. Il vous demande de prêter votre voix au nom des sans voix."

Les Américains qui ne sont plus capables de penser par eux-mêmes et qui sont terrifiés à l'idée d'être désapprouvés par ceux de leur génération sont incapables de prêter leur voix à quiconque, sauf à ceux qui contrôlent le monde de propagande dans lequel ils vivent.

L'ignorance et l'indifférence des Américains sont une grande frustration pour mes amis du mouvement israélien pour la paix. Sans un soutien extérieur, ces Israéliens, qui croient dans la bonne volonté et qui ne partagent pas la croyance de leur gouvernement dans la doctrine de Lénine selon laquelle la violence est la seule force efficace de l'histoire, sont démunis par le soutien de l'Amérique à la politique de violence de leur gouvernement et privés de toute solution pacifique d'un conflit qui a commencé en 1947 par l'agression israélienne contre des villages palestiniens sans méfiance.

Le pasteur Are a écrit son livre avec l'espoir que la plume est plus forte que l'épée et que les faits peuvent évincer la propagande et celui établir une base pour un règlement juste de la question palestinienne. Dans son chapitre de conclusion, "Ce que les Chrétiens peuvent faire", le pasteur Are écrit : "Nous ne pouvons pas permettre à d'autres de dicter notre pensée sur quelque sujet que ce soit, en particulier sur quelque chose d'aussi important que la loyauté chrétienne, qui est testée par notre attitude vis-à-vis de la recherche de justice pour les opprimés. Savoir est un devoir chrétien."

Ce devoir a bien sûr un coût. Le pasteur Are écrit : "Parlez au nom des Palestiniens et vous vous ferez des ennemis ! Pourtant, en tant que Chrétiens, nous devons être prêts à soulever des questions que nous avons pour l'instant choisies d'esquiver."

Plus d'une décennie plus tard, le Président Jimmy Carter, véritable ami d'Israël, a essayé une nouvelle fois de faire prendre moralement conscience [de cette question] aux Américains avec son livre, "Palestine: Peace Not Apartheid". Carter a été instantanément diabolisé par le Lobby d'Israël.

Jusqu'à présent, soixante années d'efforts ont été exercées en vain par des personnes bonnes et humanistes, afin de rendre Israël responsable, mais ces efforts sont encore plus importants aujourd'hui. Israël a pris en otage la nation américaine qui est sur le point d'attaquer l'Iran et les conséquences pourraient être catastrophiques pour tous ceux qui sont concernés. Le but affirmé de cette attaque est d'éliminer tout soutien au Hamas et au Hezbollah afin qu'Israël puisse mettre la main sur toute la Cisjordanie et le sud du Liban. Le Régime de Bush est enthousiaste à l'idée de faire ce qu'Israël lui dit et les médias et les églises évangéliques "chrétiennes" préparent le peuple américain pour cet événement.

Il est paradoxal qu'Israël démontre que la véracité ne se trouve pas dans la croyance chrétienne dans le bien, mais dans la doctrine de Lénine selon laquelle dans l'histoire la violence est la force efficace, et que les églises évangéliques sionistes soient d'accord.

Paul Craig Roberts fut Secrétaire-adjoint au Trésor dans l'administration Reagan. Il a été rédacteur en chef associé de la page éditoriale du Wall Street Journal et rédacteur en chef collaborateur de National Review. Il est aussi le co-auteur de " The Tyranny of Good Intentions" [La Tyrannie des Bonnes Intentions].

Traduction : [JFG-QuestionsCritiques]

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Victimes civiles : des associations de droits de l’homme accusent les Israéliens de crimes de guerre

Par Donald Macintyre et Kim Sengupta à Jérusalem
The Independent, jeudi 15 janvier 2009
article original :

Neuf des principales organisations pour les droits de l’homme du pays ont déclaré qu’Israël est soupçonné de commettre des crimes de guerre et devrait mettre un terme au « risque actuel évident qu’il fait courir aux vies et au bien-être de milliers de civils » à Gaza.

Ces organisations israéliennes ont écrit au gouvernement [israélien], aux chefs des forces armées et au ministre de la justice, condamnant les dommages « sans précédent » causés à une population civile qui se trouve désormais dans une « détresse humanitaire extrême », condamnant « l’utilisation délibérée de la force pour tuer » et une série de ce qu’elles nomment des « violations flagrantes des lois de la guerre ».

Ces condamnations incluent, en dehors du nombre de victimes, le fait qu’avec des points de passage aux frontières fermés, les habitants ne peuvent pas s’échapper de la zone de guerre et vivent dans la « peur et la terreur ». Ces organisations ont cité également les graves problèmes de capacité du système hospitalier de Gaza et l’impossibilité d’évacuer environ 600 blessés et les patients atteints de maladies chroniques. Elles disent que l’armée empêche les équipes de secours d’atteindre les zones isolées qui ont subi des attaques intensives et elles dénoncent le fait que, avec les eaux usées qui se déversent dans de nombreuses rues, plus d’un demi-million de personnes sont dépourvues d’eau potable et 250.000 habitants sont sans électricité depuis 18 jours. Un million d’autres habitants sont sans électricité à tout moment.

Ces agences disent également que 12 personnes des services médicaux ont été tuées et que 17 autres ont été blessées, et qu’il y a eu 15 attaques distinctes contre des installations médicales. Pendant ce temps, Israël a frappé des cibles civiles, considérées comme cibles militaires uniquement parce qu’elles représentent des « symboles du pouvoir » dans la Bande de Gaza contrôlée par le Hamas.

Plusieurs représentants des droits de l’homme se sont donnés la peine de bien faire comprendre qu’ils étaient aussi fermes dans leur condamnation des attaques à la roquette et au mortier par les militants [palestiniens] qui tuent et blessent des civils israéliens. Mais leur lettre dit que les dommages infligés à la population civile de Gaza, qui compte 1 million et demi d’habitants, sont « disproportionnés », et ils appellent le gouvernement à ouvrir des corridors pour permettre aux habitants d’échapper aux combats et aux équipes de secours d’accéder aux blessés.

Interrogé sur la large majorité d’Israéliens qui, selon les sondages, soutiennent la guerre à Gaza, l’avocat israélien de droits de l’homme, Michael Sfard, a déclaré : « nous connaissons une corrosion morale ». Il y a cinq ans, lorsque 15 passants furent tués par la bombe utilisée pour assassiner le dirigeant du Hamas Saleh Shehadeh, « il y a eu un débat très sérieux. Aujourd’hui nous cela est quotidien et personne ne pipe mot. Les [Forces de Défense d’Israël] ont cessé d’exprimer des regrets ».

La lettre écrite par les organisations des droits l’homme dit aussi que les transformateurs, les câbles et autres équipements qu’Israël a autorisés, quatre jours auparavant, à être installés dans la seule centrale électrique de Gaza ont été sérieusement endommagés dans une attaque aérienne dans la nuit de lundi.

Jakob Kellenberg, le président du Comité International de Croix-Rouge (CICR), a déclaré après une visite à Gaza que la trêve quotidienne de trois heures offerte par Israël pour des raisons humanitaires « n’est tout simplement pas assez longue ». Il a ajouté : « Il faut un accès de 24 heures pour les blessés et ceux qui ont faim ». Des responsables du CICR ont dit qu’il est souvent impossible d’organiser des convois d’ambulances à travers les zones de combat dans le temps imparti. M. Kellenberger, qui a visité également la ville frontalière israélienne de Sderot, a déclaré qu’il comprenait « le grand dommage psychologique » causé par les attaques de roquettes. Mais il a dit que les scènes qu’il a vues à l’hôpital Shifa de Gaza étaient « choquantes, vraiment choquantes, cela fait très mal à voir. Le nombre de patients ne cesse d’augmenter ».

Oxfam a dit que le coût des dommages à la centrale électrique étaient estimés à 280.000 livres sterling [environ 300.000 €]. Bien qu’ils représentent moins que la consommation quotidienne, 369.000 litres de fuel industriel – nécessaires pour alimenter la centrale électrique et restaurer l’électricité vitale à l’alimentation en eau et au traitement des eaux usées à Gaza – sont retenus au terminal de Nahal Oz, parce qu’il est trop dangereux de les transporter jusqu’à la centrale électrique.

Gaza : Statistiques au 15 janvier 2009

19 : Nombre de jours depuis le début du conflit.
2.360 : Nombre d’attaques aériennes.
1.013 : Nombre de Palestiniens tués.
670 : Nombre de victimes civiles.
225 : Nombre d’enfants tués.
69 : Nombre de femmes tuées.
4.700 : Nombre de Palestiniens blessés.
10 : Nombre de soldats israéliens tués.
4 : Nombre d’Israéliens tués par leurs propres tirs.
3 : Nombre de civils israéliens touchés par des roquettes tirées depuis Gaza.

Traduction [JFG-QuestionsCritiques]

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jeudi, janvier 08, 2009

Gaza : La vie et la mort de mon père

Par Fares Akram à Gaza
The Independent lundi 5 janvier 2009
article original : "Gaza: The death and life of my father"

Pour Fares Akram, le reporter de l’Independent à Gaza, l’invasion israélienne est devenue une tragédie personnelle lorsqu’il a découvert que son père avait été l'une des premières victimes de la guerre terrestre

Akrem al-Ghoul, photographié avec l’un de ses petits-enfants, a été tué dans sa ferme près de la ville de Beit Lahiya, au nord de Gaza (photo : Pavel Woldberg)

L’appel téléphonique est arrivé vers 16h20, samedi. Une bombe a été larguée sur la maison de notre petite exploitation agricole qui se trouve au nord de la Bande de Gaza. A ce moment-là, mon père marchait depuis la barrière de la ferme. C’était notre endroit chéri, cette ferme et sa maison blanche à deux niveaux, avec son toit rouge. Nichée dans une plaine fertile au nord-ouest de Beit Lahiya, elle avait des vergers de citronniers, d’orangers et d’abricotiers, et nous avions récemment acquis 60 vaches laitières.

C’était la ferme la plus proche de la frontière septentrionale avec Israël. L’ironie, c’est que nous avions toujours pensé que le plus grand danger, là-bas, ne venait pas des troupes israéliennes, qui entraient directement dans la Bande en passant à côté, si elles montaient une incursion, mais des roquettes perdues du Hamas destinées aux villes israéliennes situées à notre nord.

Mais très peu de temps avant le coucher de soleil, dimanche, alors que les fantassins et les chars israéliens envahissaient Gaza au prétexte de fermer les sites de tirs de roquettes du Hamas, la tranquillité de cet endroit a volé en éclat et la vie de mon père s’est éteinte à l’âge de 48 ans. Des avions et des hélicoptères de combat sont arrivés en grand nombre, bombardant et tirant pour ouvrir l’espace aux chars et aux forces terrestres qui suivaient dans l’obscurité. Ce fut l’une de ces attaques aériennes par les F-16 qui a tué mon père.

La maison a été réduite en miettes et il ne restait pas grand chose de papa. « Juste un tas de chair », a dit plus tard, avec une honnêteté brutale, mon oncle, qui l’a retrouvé dans les gravats.

Comme la plupart des Gazéens, ma mère, mes sœurs, ma femme – qui est enceinte de neuf mois – et moi-même avons passé la dernière semaine du massacre israélien, blottis dans notre appartement en ville. Mais mon père avait décidé de rester à la ferme ; il savait qu’il serait impossible d’y retourner pour s’occuper du bétail, si l’invasion prévue commençait. Mais il nous appelait tous les jours.

La dernière fois que je l’ai vu, c’était jeudi, lorsqu’il a amené de l’argent et un sac de farine. Nous avons discuté de la naissance imminente de mon premier enfant et comment nous conduirions ma femme, Alaa, à l’hôpital au milieu des bombardements et du chaos. Bien sûr, le samedi soir il n’y avait aucun espoir d’obtenir qu’une ambulance se rende à la ferme, parce que les routes avaient été coupées par les Israéliens. Mon oncle et mon frère ont donc fait les 8 km en voiture et le reste d’entre nous est resté dans l’appartement sombre, grelottant et en état de choc, sous des couvertures pour nous maintenir au chaud, avec le bruit incessant des tirs d’obus des chars autour de nous. Au fond de nous-même, nous savions tous que papa était mort. Il aurait été dans la maison ou à côté de celle-ci, et si un F-16 frappe directement votre maison vous savez ce que cela signifie.

Ils sont arrivés pour découvrir une pile fumante de gravats. La plupart des vaches gisaient inertes ; les autres qui n’étaient que blessées se s’étaient enfuies. Mahmoud, un jeune cousin, se trouvait avec mon père lorsque la bombe israélienne a fait sauter la maison. La force de la frappe aérienne l’a projeté à 300 mètres. Ils ont découvert le corps de Mahmoud dans le champ d’un voisin.

Nous avons enterré mon père et Mahmoud hier matin dans des funérailles rapides, sachant que les chars israéliens se trouvaient seulement à 3 km de là, à la périphérie de la ville. Nous pouvions entendre le crépitement des mitrailleuses qui accompagnait les chars. Les Israéliens diront peut-être qu’il y avait des activistes dans la zone près de notre ferme, mais je ne le croirais jamais. Le point le plus avancé pour les lanceurs de roquettes est à 6 km au sud. Plus haut, à la frontière, ce n’est que de la terre agricole en openfield avec nulle part où se cacher.

Mon père, Akren al-Ghoul, n’était pas un partisan de la lutte armée. Né à Gaza, il a fait ses études en Egypte et il était avocat et juge, travaillant pour l’Autorité Palestinienne. Après la prise de Gaza par le Hamas, il a démissionné et s’est tourné vers l’agriculture. Le père de papa, Fares, qui avait été chassé de sa maison en 1948, dans ce qui est maintenant la ville israélienne d’Ashkelon, avait acheté cette terre dans les années 60.

Durant la deuxième Intifada et jusqu’à ce que les Israéliens se retirent de Gaza en 2005, cette ferme avait été prise par des colons israéliens, mais, après 2005, nous y allions à chaque vacances. A Gaza, le seul moyen d’évasion est la plage ou, si vous êtes assez chanceux, la ferme. Mon père détestait ce que le Hamas faisait au système judiciaire de Gaza, introduisant la justice islamiste, et il était totalement opposé à la violence. Il aurait travaillé dur à un règlement juste avec Israël et à un meilleur futur pour les Palestiniens. Lorsque l’Autorité Palestinienne a pris le contrôle de la Cisjordanie, il s’est installé à Ramallah pour aider à y établir les tribunaux.

Mes griefs ne portent aucun désir de vengeance, que je sais être toujours vaine. Mais, en vérité, en tant que fils dans la peine, je trouve difficile de faire la distinction entre ce que les Israéliens appellent des terroristes et les pilotes et les équipages de chars israéliens qui envahissent Gaza. Quelle est la différence entre le pilote qui a réduit mon père en miettes et l’activiste qui tire des petites roquettes ? Je n’ai aucune réponse, mais juste au moment où je vais devenir père, j’ai perdu le mien.

Traduit de l'anglais par [JFG-QuestionsCritiques]

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http://questionscritiques.free.fr/edito/Independent/
Gaza_massacre_Akrem_al-Ghoul_050109.htm

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Du Plomb Fondu sur Gaza

Les criniminels de guerre d'Israël face à la presse

Par Uri Avnery
publié le 3 janvier 2009
article original sur Gush Shalom : "Melted Lead"

Juste après minuit, la chaîne arabe Al Jazeera diffusait un reportage sur les événements à Gaza. Soudain, la caméra s’est dirigée vers le ciel nocturne. L’écran était noir. On ne pouvait rien voir, mais on entendait un bruit : celui des avions, un effrayant, un terrifiant vrombissement.

Il était impossible de ne pas penser à ces dizaines de milliers d’enfants de Gaza qui entendaient ce bruit à ce moment-là, se recroquevillant avec effroi, paralysés par la peur, attendant que tombent les bombes.

« Israël doit se défendre contre les roquettes qui terrorisent nos villes du Sud », déclarait le porte-parole israélien. « Les Palestiniens doivent riposter à l’assassinat de leurs combattants à l’intérieur de la bande de Gaza », affirmait celui du Hamas.

En fait, le cessez-le-feu n’a pas été rompu, car il n’y avait pas de véritable cessez-le-feu. La principale exigence pour tout cessez-le-feu dans la bande de Gaza doit être l’ouverture des points de passages à la frontière. Il ne peut y avoir de vie dans la bande de Gaza sans le passage d’un flux d’approvisionnement. Mais ces passages n’ont pas été ouverts, à l’exception de quelques heures de temps en temps. Le blocus sur terre, sur mer et dans les airs contre un million et demi d’êtres humains est un acte de guerre, tout autant que tout largage de bombes ou tirs de roquettes. Il paralyse la vie dans la bande de Gaza, en détruisant la plupart des possibilités d’emploi, en jetant des centaines de milliers de personnes au bord de la famine, en provoquant l’arrêt du fonctionnement de la plupart des hôpitaux, en perturbant l’approvisionnement en électricité et en eau.

Ceux qui ont décidé de fermer les points de passage - sous quelque prétexte que ce soit - savaient qu’il n’y a pas de véritable cessez-le-feu dans ces conditions.

C’est là le point central. Ensuite, vinrent les petites provocations qui ont été conçues pour provoquer la réaction du Hamas. Après plusieurs mois durant lesquels pratiquement aucune roquette Qassam n’avait été tirée, une unité de l’armée a été envoyée dans la bande de Gaza « afin de détruire un tunnel arrivant près de la barrière frontalière ». D’un point de vue strictement militaire, il aurait été plus judicieux de monter une embuscade de notre côté de la frontière. Mais l’objectif était de trouver un prétexte pour mettre un terme au cessez-le-feu, de telle manière que l’on puisse en attribuer de façon plausible la responsabilité aux Palestiniens. Et en effet, après plusieurs de ces petites opérations dans lesquelles les combattants du Hamas ont été tués, le Hamas a riposté par un tir massif de roquettes. Et voilà - le cessez-le-feu était terminé. Tout le monde a blâmé le Hamas.

Quel était le but recherché ?

Tzipi Livni l’a annoncé ouvertement : liquider le pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza. Les roquettes Qassam ont seulement servi de prétexte.

Liquider le pouvoir du Hamas ? Cela ressemble à un chapitre de « La Marche Folle ». Après tout, ce n’est pas un secret que c’est le gouvernement israélien qui a mis en place le Hamas. Lorsque j’ai interrogé un jour Yaakov Peri, un ancien dirigeant du Shin Bet, à ce sujet, il m’a répondu énigmatiquement : « Nous ne l’avons pas créé, mais nous n’avons pas entravé sa création. »

Pendant des années, les autorités d’occupation ont favorisé ce mouvement islamique dans les territoires occupés. Toutes les autres activités politiques étaient vigoureusement réprimées, mais leurs activités dans les mosquées ont été autorisées. Le calcul était simple et naïf : à l’époque, l’OLP était considérée comme le principal ennemi, Yasser Arafat était le Diable. Le mouvement islamique prêchait contre l’OLP et Arafat, et a donc été considéré comme un allié.

Avec le déclenchement de la première Intifada en 1987, le mouvement islamique s’est officiellement rebaptisé Hamas (les initiales en arabe de « Mouvement de résistance islamique ») et a rejoint la lutte. Même à cette époque, le Shin-Bet n’a pris aucune mesure contre eux pendant près d’un an, tandis que les membres du Fatah étaient exécutés ou emprisonnés en grand nombre. Ce n’est qu’après une année que le cheikh Ahmed Yassine et ses collègues ont également été arrêtés.

Depuis lors, la roue a tourné. Le Hamas est devenu le nouveau Satan, et l’OLP est considérée par beaucoup en Israël comme étant presque une branche de l’organisation sioniste. La conclusion logique pour un gouvernement israélien recherchant la paix aurait été de faire de larges concessions à la direction du Fatah : fin de l’occupation, signature d’un traité de paix, fondement de l’État Palestinien, retrait aux frontières de 1967, une solution raisonnable au problème des réfugiés, et la libération de tous les prisonniers palestiniens. Cela aurait arrêté la montée du Hamas à coup sûr.

Mais la logique a peu d’influence sur la politique. Rien de ce genre ne s’est produit. Au contraire, après l’assassinat d’Arafat [sic], Ariel Sharon a déclaré que Mahmoud Abbas, qui l’avait remplacé, était une « volaille plumée ». On n’a pas autorisé Abbas à obtenir le moindre succès politique. Les négociations, sous les auspices américaines, sont devenu une plaisanterie. Le plus authentique chef du Fatah, Marwan Barghouti, a été envoyé en prison à perpétuité. Au lieu d’une libération massive de prisonniers, il n’y a eu que de petits « gestes » insultants.

Abbas a été systématiquement humilié, le Fatah ressemblait à une coquille vide et le Hamas a remporté la victoire lors des élections palestiniennes - les élections les plus démocratiques jamais organisées dans le monde arabe. Israël a boycotté le gouvernement élu. Dans la lutte intestine qui s’en est suivi, le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza.

Et maintenant, après tout cela, le gouvernement israélien a décidé de « liquider le pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza » - par le sang, le feu et les colonnes de fumée.

Le nom officiel de cette guerre est « plomb durci », deux mots provenant d’une comptine enfantine sur un jouet d’Hanoukkah.

Il serait plus exact de la nommer « la guerre des élections ».

Dans le passé, également, des actions militaires ont été lancées lors de campagnes électorales. Ménacem Begin a bombardé le réacteur nucléaire irakien [Osirak] durant la campagne de 1981. Lorsque Shimon Peres a affirmé qu’il s’agissait d’un gadget électoral, Begin a répliqué lors du meeting suivant : « Juifs, croyez-vous que je voudrais envoyer nos braves garçons à leur mort, ou pire, être fait prisonnier par des animaux, afin de gagner une élection ? » Begin a gagné.

Peres n’est pas Begin. Lorsqu’au cours de la campagne électorale de 1996 il a ordonné l’invasion du Liban (opération « Raisins de la colère »), tout le monde était convaincu qu’il l’avait fait afin de gagner des élections. La guerre a été un échec, Peres a perdu les élections et Benyamin Nétanyahou est arrivé au pouvoir.

Barak et Tzipi Livni recourent aujourd’hui à la même vieille ficelle. En 48 heures, selon les sondages, le résultat des votes pour Barak lui assurerait cinq sièges supplémentaires à la Knesset. Soit environ 80 morts Palestiniens pour chaque siège. Mais il est difficile de marcher sur un tas de cadavres. Ce succès pourrait s’évaporer en une minute si la guerre était considérée comme un échec par l’opinion publique israélienne. Par exemple, si les roquettes continuent de frapper Beersheba ou si l’attaque au sol provoque de lourdes pertes israéliennes.

Le calendrier a également été choisi méticuleusement sous un autre angle. L’attaque a commencé deux jours après Noël, lorsque les dirigeants américains et européens sont en vacances jusqu’au nouvel an. Avec pour calcul : même si quelqu’un voulait essayer de mettre fin à la guerre, nul ne peut renoncer à ses vacances. Cela garantissait de disposer de plusieurs jours à l’abri des pressions.

Une autre raison a présidé au choix du moment : ce sont les derniers jours de George Bush à la Maison Blanche. On pouvait s’attendre à ce que cet abruti sanguinaire soutienne la guerre avec enthousiasme : c'est ce qu’il a fait, bien sûr. Barack Obama n’est pas encore entré en fonction et a eu à sa disposition un prétexte tout fait lui permettant de garder le silence : « il n’y a qu’un seul président ». Ce silence n’est pas de bon augure pour le mandat du président Obama.

La préoccupation principale était de ne pas répéter les erreurs de la deuxième guerre du Liban. Cela a été répété sans cesse sur toutes les ondes et durant tous les talk-shows.

Cela ne change rien aux faits : la guerre de la bande de Gaza est une réplique presque identique de la deuxième guerre du Liban.

Le concept stratégique est le même : terroriser la population civile par des attaques aérienne sans relâche, semant mort et destruction. Il n'y a aucun danger pour les pilotes : les Palestiniens ne disposent d'aucune arme antiaérienne. Voici le calcul : si toute les infrastructures nécessaires à la vie quotidienne dans la Bande de Gaza sont totalement détruites et que l’anarchie généralisée s’y installe, la population se soulevera et renversera le régime du Hamas. Mahmoud Abbas reviendrait alors dans la Bande de Gaza dans les chars israéliens.

Au Liban, ce calcul n’a pas fonctionné. La population prise sous les bombardements, y compris les chrétiens, s’est ralliée derrière le Hezbollah, et Hassan Nasrallah est devenu le héros du monde arabe. Quelque chose de semblable va probablement se produire à nouveau cette fois-ci. Les généraux sont des experts en armement et en manoeuvre de troupes, mais pas en psychologie des masses.

Il y a quelque temps, j’ai écrit que le blocus de Gaza était une expérience scientifique visant à savoir jusqu’où on peut affamer une population et transformer sa vie en enfer avant qu’elle ne cède. Cette expérience a été menée avec l’aide généreuse de l’Europe et les États-Unis. Jusqu’à présent, elle n’a pas réussi. Le Hamas s’est renforcé et la portée des Qassams s’est accrue. La guerre d’aujourd’hui est une poursuite, par d’autres moyens, de cette expérience.

Il est possible que l’armée « n’ait pas d’autre choix » que de reconquérir la bande de Gaza, car il n’y a pas d’autre moyen d’arrêter les Qassams - sauf à parvenir à un accord avec le Hamas et qui est contraire à la politique du gouvernement. Lorsque l’invasion terrestre commencera, tout dépendra de la motivation et des capacités des combattants du Hamas vis-à-vis des soldats israéliens. Personne ne peut savoir ce qui va se passer.

Jour après jour, nuit après nuit, la chaîne en arabe Al Jazeera diffuse des images atroces : des piles de corps mutilés, des parents en larmes à la recherche de leurs proches parmi les dizaines de cadavres étendus sur le sol, une femme tirant sa petite fille de sous les décombres, des médecins sans médicaments tentant de sauver la vie des blessés. (Al Jazeera en langue anglaise, contrairement à son homologue en arabe, a effectué une étonnante volte-face, diffusant seulement des images aseptisées et reprenant la propagande du gouvernement israélien. Il serait intéressant de savoir ce qui s’est passé là-bas.)

Des millions de spectateurs voient ces terribles scènes, image après image, jour après jour. Ces images sont inscrites dans leurs esprits à jamais : Israël est horrible, Israël est abominable, Israël est inhumain. Toute une génération d’ennemis. C’est un prix terrible que nous seront obligés de payer, longtemps après que les autres résultats de cette guerre auront été oubliés en Israël.

Mais une autre image s’imprime également dans l’esprit de ces millions de spectateurs : celle des régimes arabes, passifs, misérables, corrompus.

Comme le voient les Arabes, un élément ressort au-dessus de tous les autres : le mur de la honte.

Pour le million et demi d’Arabes dans la bande de Gaza, qui souffrent terriblement, la seule ouverture sur le monde qui ne soit pas contrôlée par Israël est la frontière avec l’Égypte. C’est seulement par là que peuvent parvenir la nourriture vitale et les médicaments pour les blessés. Cette frontière reste fermée au pire moment de l’horreur. L’armée égyptienne a bloqué la seule issue permettant à l’alimentation et aux médicaments d’entrer, alors même que les chirurgiens doivent opérer les blessés sans anesthésie.

Les paroles de Hassan Nasrallah résonnent d’un bout à l’autre du monde arabe : Les dirigeants égyptiens sont les complices de ce crime ; ils collaborent avec l’« ennemi sioniste » en tentant de briser le peuple palestinien. On peut supposer qu’il ne désignait pas uniquement Moubarak, mais aussi tous les autres dirigeants, depuis le roi d’Arabie saoudite jusqu'au président palestinien. En voyant les manifestations dans le monde arabe et en écoutant les slogans, on a l’impression que pour de nombreux Arabes leurs dirigeants sont au mieux pathétiques et misérables, au pire des collabos.

Cela aura des conséquences historiques. Toute une génération de dirigeants arabes - cette génération imprégnée de l’idéologie du nationalisme arabe laïque -, les successeurs de Gamal Abd-al-Nasser, Hafez al-Assad et Yasser Arafat, pourrait être balayée de la scène. Dans le monde Arabe, la seule alternative viable est celle de l’idéologie fondamentaliste islamique.

Cette guerre l’écrit en lettres capitales : Israël a manqué une chance historique de faire la paix avec le nationalisme arabe laïque. Demain, Israël pourra se retrouver face à un monde arabe uniformément fondamentaliste, un Hamas à la puissance mille.

L’autre jour, mon chauffeur de taxi à Tel-Aviv réfléchissait à voix haute : Pourquoi ne pas mobiliser les fils des ministres et des membres de la Knesset, les rassembler en une unité de combat et les envoyer à la tête de la prochaine attaque terrestre sur la bande de Gaza ?

Traduction : RM/SW

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massacres_Gaza_Plomb_Fondu_030109.htm

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Gaza, et ce que je lirai demain dans vos journaux

Ramallah, 27 décembre 2008

Et je lirai demain, dans vos journaux, que la trêve est finie à Gaza. Ce n'était donc pas un siège, mais une forme de paix ce camp de concentration fauché par la faim et la soif. Et de quoi dépend la différence entre la paix et la guerre? De la comptabilité des morts? Et les enfants rongés par la malnutrition, on les met sur quel compte?

Meurt-il de guerre ou de paix celui qui meurt parce que l'électricité manque dans le bloc opératoire? On dit paix quand il n'y a pas de missile – mais comment dit-on quand tout le reste manque?

Et je lirai dans vos journaux, demain, que tout cela n'est qu'une attaque préventive, que ce n'est qu'un droit légitime, inviolable d'autodéfense. La quatrième puissance militaire du monde, ses muscles nucléaires contre des missiles de tôle, du papier mâché et du désespoir. Et naturellement on va me préciser qu'il ne s'agit pas d'une attaque contre des civils – et d'ailleurs comment pourrait-elle l'être si trois hommes qui causent de la Palestine ici, au coin de la rue, sont pour les lois israéliennes un noyau de résistance et donc un groupe illégal, une force combattante? – si dans les documents officiels nous sommes marqués comme une entité ennemie et, sans plus le moindre frein éthique, le cancer d'Israël? Si le but est d'éradiquer le Hamas – tout cela renforce le Hamas. Vous arrivez à bord des avions de chasse pour exporter la rhétorique de la démocratie, à bord des avions de chasse vous revenez ensuite étrangler l'exercice de la démocratie – mais quelle autre option reste-t-il? Ne la laissez pas vous exploser dessus soudain. Ce n'est pas le fondamentalisme qu'on bombarde en ce moment mais tout ce qui s'y oppose. Tout ce qui ne restitue pas gratuitement à cette férocité indiscriminée une haine égale et contraire, mais une parole nue de dialogue, la lucidité de raisonner, le courage de déserter – ce n'est pas une attaque contre le terrorisme cela, mais contre l'autre Palestine, tierce et différente, tandis qu'elle esquive des missiles coincée entre la complicité du Fatah et la myopie du Hamas. Il était en train de m'assassiner par autodéfense, j'ai du l'assassiner par autodéfense – un jour les survivants le raconteront ainsi.

Et demain je lirai dans vos journaux que tout processus de paix est impossible, les Israéliens, hélas, n'ont personne avec qui parler. Et en effet – comment pourraient-ils l'avoir, retranchés derrière un Mur de béton de huit mètres? Et surtout – pourquoi devraient-il l'avoir, si la Road Map n'est que l'énième arme de distraction de masse pour l'opinion publique internationale? Quatre pages où l'on nous demande, par exemple, d'arrêter les attaques terroristes et où l'on dit qu'en échange Israël ne va entreprendre aucune action pouvant miner la confiance entre les deux parties comme – textuellement – les attaques contre les civils. Assassiner des civils ne mine pas la confiance, mais le droit, c'est un crime de guerre, ce n'est pas une question de courtoisie. Et si Annapolis est un processus de paix, tandis qu'en attendant, ici, la seule carte qui progresse sont les terres confisquées, les oliviers arrachés les maisons démolies, les colonies élargies – pourquoi alors la proposition saoudienne n'est-elle pas un processus de paix? La fin de l'occupation en échange de la reconnaissance de la part de tous les Etats arabes. Pouvons-nous avoir au moins un signe de réaction? Quelqu'un là, par hasard, écoute-t-il de l'autre côté du Mur?

Mais je suis là à vous raconter du vent. Parce que demain je ne lirai qu'une ligne dans vos journaux et seulement demain, ensuite je ne lirai, encore, que l'indifférence. Et ce n'est que cela que je sens, tandis que les F16 survolent ma solitude vers des centaines de dommages collatéraux dont je connais chaque nom, chaque vie – seulement un vertige d'abandon et d'égarement infinis. Européens, Américains et Arabes aussi – parce qu'est devenue la souveraineté égyptienne, au passage de Rafah, la morale égyptienne, au sceau de Rafah? – nous sommes simplement seuls. Vous défilez ici, une délégation après l'autre – et en parlant, aurait dit Garcia Lorca, les mots restent dans l'air, comme des bouchons dans l'eau. Vous offrez des aides humanitaires mais nous ne sommes pas des mendiants, nous voulons dignité, liberté, des frontières ouvertes, nous ne demandons pas de faveurs, nous revendiquons des droits. Et, au contraire, vous arrivez, indignés et désireux de participer et vous demandez ce que vous pouvez faire pour nous. Une école?, une clinique peut-être? des bourses? Et nous essayons à chaque fois de vous convaincre – non, pas la généreuse solidarité, enseignait Bobbio, seulement la sévère justice – des sanctions, des sanctions contre Israël. Mais vous répondez – neutres à chaque fois et donc partageant le déséquilibre, partisans des vainqueurs – non, cela serait antisémite. Mais qui est plus antisémite, ceux qui ont vicié Israël un pas après l'autre pendant soixante ans, jusqu'à le défigurer au point d'en faire le pays le plus dangereux au monde pour les Juifs ou ceux qui l'avertissent qu'un Mur marque un ghetto des deux côtés?

Est-il peut-être antisémite de relire Hannah Arendt aujourd'hui où c'est nous, les Palestiniens son écume de la terre, est-il antisémite de revenir illuminer ses pages sur le pouvoir et la violence, sur la dernière race soumise au colonialisme britannique, qui auraient été, in fine, les Anglais eux-mêmes? Non, ce n'est pas de l'antisémitisme, mais l'exact contraire, de soutenir les nombreux Israéliens essayant d'échapper à une nakbah appelée sionisme. Parce qu'il ne s'agit pas d'une attaque contre le terrorisme mais contre l'autre Israël, tiers et différent, tandis qu'il esquive la pensée unique coincé entre la complicité de la gauche et la myopie de la droite.

Je sais ce que je lirai, demain, dans vos journaux. Mais pas d'autodéfense, pas d'exigence de sécurité. Tout cela ne s'appelle qu'apartheid – et génocide. Parce que peu importe que les politiques israéliennes, techniquement, collent ou non au millimètre avec les définitions délicatement ciselées par le droit international, son formalisme aristocratique, sa prétendue objectivité ne sont que l'énième collatéralité, ici, qui seconde et multiplie la force des vainqueurs. L'essence de ces avions est votre neutralité, est votre silence, le son de ces explosions. Quelqu'un se sentit Berlinois, devant un autre Mur. Combien de morts encore, pour vous sentir des citoyens de Gaza?

Mustafa Barghouthi

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http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=
2009-01-02%2012:20:03&log=attentionm


Jusqu'à ce soir 07/01/2009 l'agression israélienne à Gaza a provoqué plus de 700 morts (dont la moitié sont des enfants et des femmes) et plus de 3000 blessés...

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Peut-on défendre Israël ?

Parmi les nombreux messages qui me parviennent, un petit nombre veut défendre Israël en invoquant tel ou tel comportement palestinien. Voici, en quelques mots, une brève réponse.

Je pense qu’il faut toujours en revenir au point de départ : Israël est un Etat colonialiste qui a chassé les Palestiniens de leur terre en 1948. Il refuse leur retour qui ne serait pourtant que le respect du droit.

Avec ses colonies, cet Etat raciste ne cesse de pratiquer le nettoyage ethnique pour continuer à augmenter son territoire. Il viole toutes les résolutions de l’ONU depuis soixante ans, se sachant protégé par l’Europe et les Etats-Unis. Ceux-ci ont besoin d’un gendarme au Moyen-Orient pour contrôler le pétrole. Israël se plaint des armes nucléaires éventuelles chez ses voisins, mais il a lui-même deux cents têtes nucléaires, installées en toute illégalité.

Israël se prétend “la seule démocratie au Moyen-Orient” (comme si un régime d’apartheid pouvait être démocratique!). Mais les alliés d’Israël au Moyen-Orient (Arabie saoudite, Koweït, Egypte...) sont des dictatures abominables. En plus, lorsque les Palestiniens de Gaza “votent mal”, Israël les punit par des blocus et des agressions sans fin.

Ceux qui critiquent certains mouvements palestiniens actuels, oublient de dire que précédemment, Israël a tout fait pour détruire les mouvements palestiniens de gauche ou nationalistes. Et qu’il a systématiquement refusé de négocier avec Arafat tout en prétendant le contraire.

Tout ceci peut être prouvé par des études d’historiens (notamment israéliens), des déclarations de tous les grands dirigeants sionistes eux-mêmes et des témoignages de juifs progressistes d’aujourd’hui.

Les colonialistes se plaignent de tirs de roquettes et d’attentats. Certes, toutes les méthodes de lutte ne conviennent pas. Mais puisque les oppresseurs, surarmés, ont privé les oppressés de tout moyen d’action légal, ils seraient bien aimables de dire comment il convient de résister.

Il n’y aura pas de solution au Moyen-Orient sans établir une vraie démocratie, pour tous. Et donc accorder tous leurs droits aux Palestiniens.

Certes, des Israéliens souffrent également (d’ailleurs, ils souffrent aussi de la pauvreté et de discriminations racistes imposées par les dirigeants israéliens). Internet nous permet d’ouvrir avec chacun, ici et là, un débat sur les véritables causes du problème. En dénonçant les médiamensonges et les déformations de l’Histoire.

Pas de paix sans Justice!

Michel Collon
28 décembre 2008

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http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=
2009-01-05%2018:02:22&log=articles

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jeudi, novembre 27, 2008

Le président de l’Assemblée générale de l’ONU appelle au boycott du régime d’apartheid israélien

L’Assemblée générale de l’ONU a examiné les 24 et 25 novembre 2008 le rapport du Secrétaire général sur la situation en Palestine.

Le président de l’Assemblée, Miguel d’Escoto Brockmann (Nicaragua), a fait de ce débat une question de principes. Ouvrant la séance, il a déclaré :

« Je presse la communauté internationale d’élever sa voix contre la punition collective de la population de Gaza, une politique que nous ne pouvons pas tolérer. Nous exigeons la fin des violations massives des Droits de l’homme et appelons Israël, la Puissance occupante, à laisser entrer sans délai les ressources humanitaires et autres dans la Bande de Gaza. J’ai parlé ce matin de l’apartheid et de comment le comportement de la police israélienne dans les Territoires palestiniens occupés semble si proche de celui de l’apartheid, à une époque révolue, un continent plus loin. Je crois qu’il est très important que nous, aux nations Unies, employons ce terme. Nous ne devons pas être effrayés d’appeler les choses par leur nom. Ce sont les Nations Unies après tout qui ont élaboré la Convention internationale contre le crime d’apartheid, explicitant au monde entier que de telles pratiques de discrimination institutionnelle doivent être bannies lorsqu’elles sont pratiquées. Nous avons entendu aujourd’hui un représentant de la société civile sud-africaine. Nous savons que partout dans le monde des organisations de la société civile travaillent à défendre les Droits des Palestiniens, et tentent de protéger la population palestinienne que nous, Nations Unies, avons échoué à protéger. Il y a plus de 20 ans, nous, les Nations Unies, avons pris le relai de la société civile lorsque nous sommes convenus que des sanctions étaient nécessaires pour exercer une pression non-violente sur l’Afrique du Sud. Aujourd’hui peut être, nous les Nations Unies, devons envisager de suivre l’exemple d’une nouvelle génération dans la société civile, qui appelle à une campagne non violente similaire de boycott, de désinvestissement et de sanctions pour faire pression sur Israël. J’ai assisté à un grand nombre de réunions sur les Droits du Peuple palestinien. Je suis stupéfait que l’on continue d’insister sur la patience alors que nos frères et nos sœurs palestiniens sont crucifiés. La patience est une vertu à laquelle je crois. Mais il n’y a aucune vertu à être patient avec la souffrance des autres. Nous devons agir avec tout notre cœur pour mettre fin aux souffrances du Peuple palestinien (…) Je tiens également à rappeler à mes frères et sœurs israéliens que même s’ils ont le bouclier protecteur des États-Unis au Conseil de sécurité, aucun acte d’intimidation ne changera la résolution 181, adoptée il y a 61 ans, appelant à la création de deux États. Honteusement, il n’y a pas d’État palestinien que nous puissions célébrer aujourd’hui et cette perspective est plus lointaine que jamais. Quelque soient les explications, ce fait central tourne l’ONU en dérision et nuit gravement à son image et à son prestige. Comment pouvons-nous continuer ainsi ? ».

Rappelons que l’ambassadeur Miguel d’Escoto Brockmann est un prêtre catholique, théologien de la libération et membre du Comité politique du Front sandiniste de libération nationale (FSLN). Personnalité morale reconnue, il a été élu par acclamation, le 4 juin 2008, président de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies.

L’Anti-Defamation League (ADL) a été la première organisation sioniste à réagir. Elle a demandé au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, de mettre fin à ce « cirque » ainsi qu’à « la prétendue journée de solidarité avec le peuple palestinien ». Enfin, elle a dénoncé le caractère selon elle « antisémite » des propos du président Miguel d’Escoto Brockmann qu’elle pense inspirés par un anti-judaïsme catholique séculaire.

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mercredi, avril 16, 2008

Palestine - Sami : Try not to cry...

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mardi, novembre 06, 2007

JT20H - TF1 - Banalisation Du Racisme



Dans le JT du 3/11/2007, le commentaire du journaliste reprend le discours de l'extrème droite en parlant du laxisme passé des autorités politiques qui expliquerait aujourd'hui une forme de xénophopbie montante en Italie, après avoir parlé de ces gens du voyages "qui se sont répandus dans toute l'Europe"...

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Racisme INCONSCIENT

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23 août 1927 : Affaire Sacco et Vanzetti

L’affaire Sacco et Vanzetti est le nom d’un scandale judiciaire survenu dans les années 1920 aux États-Unis, et dont les victimes furent les anarchistes d’origine italienne Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti.

Contexte

Comme en Europe, les années 1919-1920 sont difficiles aux États-Unis : il faut reconvertir l’économie de guerre et faire face à l’inflation. La fin du dirigisme étatique mis en place en 1917 et la montée du syndicalisme provoquent de nombreuses grèves dans tout le pays. En 1919, on recense 4,1 millions de grévistes qui réclament de meilleurs salaires et une réduction du temps de travail. Les grèves dégénèrent en violence et donnent lieu à des affrontements dans plusieurs grandes villes, comme à Boston.

L’année 1920 est marquée par de nombreux attentats anarchistes : les responsables politiques sont touchés, comme le maire de Seattle ou celui de Cleveland, chez lequel une bombe explose. Les bureaux de la banque Morgan à Wall Street sont soufflés par un attentat qui fait 38 morts et 200 blessés[1]. Les autorités prennent des mesures de répression contre les anarchistes mais aussi contre les communistes et les socialistes américains. Certains sont emprisonnés, d’autres contraints de s’exiler. L’opinion publique amalgame les grêvistes, les étrangers et « les Rouges ». Elle craint les progrès du bolchévisme en Europe, le terrorisme de gauche et se méfie des immigrés récents qui parlent à peine l’anglais.

Début de l’affaire

Le 5 mai 1920, Sacco et Vanzetti sont arrêtés ; ils sont soupçonnés d’avoir commis deux braquages (le 24 décembre 1919 à Bridgewater et le 15 avril 1920 à South Braintree où deux convoyeurs sont tués).

Condamnation

Le 16 août 1920, Vanzetti seul est condamné pour le premier braquage à 15 ans de prison. Le second procès qui se clôt le 14 juillet 1921 les condamne tous les deux à la peine capitale pour les crimes de South Braintree, dans la banlieue de Boston, malgré le manque de preuves formelles. Des comités de défense se mettent en place dans le monde entier pour sensibiliser l’opinion sur cette injustice : le dictateur italien Mussolini prend même leur défense[2]. Comme Sacco en 1923, Vanzetti est placé début 1925 en hôpital psychiatrique.

Le 12 mai 1926, leur condamnation à mort est confirmée. Le 26 mai, un bandit dénommé Madeiros avoue de sa prison être l’auteur du braquage de South Braintree, mais le juge Thayer, qui n’aimait ni les Italiens, ni les anarchistes[3], refuse de rouvrir le dossier. Malgré une mobilisation internationale intense et le report à plusieurs reprises de l’exécution, Nicola Sacco, Bartolomeo Vanzetti et Celestino Madeiros passent sur la chaise électrique dans la nuit du 22 au 23 août 1927, suscitant une immense réprobation.

Le 23 août 1977, exactement 50 ans après, le gouverneur du Massachusetts Michael Dukakis absout les deux hommes, et déclare que « tous les déshonneurs devaient être enlevés de leurs noms pour toujours »[réf. nécessaire].

Culture populaire

La chanson Here’s to you de Joan Baez leur est dédiée. Elle reprend les mots de Vanzetti au juge Thayer (cf ci-dessous) : "Heres to you Nicola and Bart/ Rest forever here in our hearts/ The last and final moment is yours/ That agony is your triumph". Le film Sacco et Vanzetti réalisé par Giuliano Montaldo retrace leur histoire.

Citation

Vanzetti, condamné avec Sacco à l’électrocution, répond le 9 avril 1927 au juge Thayer : « Si cette chose n’était pas arrivée, j’aurais passé toute ma vie à parler au coin des rues à des hommes méprisants. J’aurais pu mourir inconnu, ignoré : un raté. Ceci est notre carrière et notre triomphe. Jamais, dans toute notre vie, nous n’aurions pu espérer faire pour la tolérance, pour la justice, pour la compréhension mutuelle des hommes, ce que nous faisons aujourd’hui par hasard. Nos paroles, nos vies, nos souffrances ne sont rien. Mais qu’on nous prenne nos vies, vies d’un bon cordonnier et d’un pauvre vendeur de poisson, c’est cela qui est tout ! Ce dernier moment est le nôtre. Cette agonie est notre triomphe. »

Notes

1. A. Kaspi, Les États-Unis au temps de la prospérité, 1919-1939, 1994, p.40

2. A. Kaspi, Les États-Unis au temps de la prospérité, 1919-1939, 1994, p.46

3. A. Kaspi, Les États-Unis au temps de la prospérité, 1919-1939, 1994, p.46

Sources :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Sacco_et_Vanzetti

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Dans ce court document apparaissent Sacco & Vanzetti exécutés sur la chaise électriques aux USA parce qu’ils étaient anarchistes !


Les dix dernières minutes du film Sacco et Vanzetti


Links :
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=51819

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lundi, juillet 16, 2007

Mon pote M'hamed

Nadia Ben Dhifallah a écrit :

"Il est 3h du matin. L'armée entre dans la ville et un contingent se dirige vers la maison de mon pote M'Hamed.

Les soldats tirent sur la maison, ils arrachent la porte du garage et une balle traverse la porte d'entrée et atterrie sur le mur du salon. Le soldat en charge de cette incursion, utilise une porte voix et demande à la famille de sortir.

La famille de M'Hamed paniquée, ne comprenant rien a ce qu'il se passe, s'exécute. Ils demandent aux membres de se coucher a terre devant la maison et prennent a part M'hamed. Ils disent au père qu'ils l'emmènent avec eux.

Le père: "Pourquoi? Mon fils n'a rien fait!"
Le soldat: "On va juste faire une ballade avec lui, ne t'inquiète pas"
Le père: "S'il vous plait ne lui faites pas de mal, ne le tapez pas et que dieu protège vos enfants..."

M'hamed est parti, laissant ses parents dans le désarroi, le désespoir, la peur...
Nous ne savons pas pourquoi cette arrestation musclée, ni ou il se trouve en ce moment. M'hamed est un jeune garçon de 25 ans sans histoire qui travaille dans la boutique de son père. M'hamed est juste un jeune palestinien de Naplouse...

Voila comment un père dans le désespoir et de peur de voir son fils se faire battre par les soldats de l'occupation souhaite a ceux-la que dieu protège leur progénitures...

Que dieu te protège M'Hamed!"

Nadia Ben Dhifallah

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jeudi, mai 17, 2007

Les Desastres du Darwinisme...

Partie I


Partie II


Partie III


Partie IV


Partie V


Partie VI

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Veuillez nous pardonner notre racisme !

par Goel Pinto
Haaretz, le 16 mai 2007
Article original : "Forgive us our racism"

Imaginez seulement que ce soit l'inverse qui se produise. Que se serait-il passé si le chauffeur palestinien avait froidement tué son client franco-israélien ?!

Le meurtre de Taysir Karaki de Beit Hanina, 35 ans et père de cinq enfants, a été perpétré par un seul individu, mais le terreau dans lequel a poussé le terroriste juif français Julian Soufir mérite néanmoins un examen collectif.

Ce ne sont pas que quelques Juifs français qui ont expliqué, durant la récente campagne présidentielle en France, qu'ils étaient pour Nicolas Sarkozy à cause de la poigne de fer qu'il a employé contre les immigrés musulmans de la première génération lors des émeutes de banlieues de 2005. Son soutien sans équivoque à la communauté juive après le meurtre d'Ilan Halimi en 2006 et le fait qu'il en ait attribué la cause à des motifs antisémites a aussi aidé Sarkozy à gagner le vote de nombreux Juifs français. Des remarques du style "les Arabes prennent le pouvoir en France" et "nous avons besoin d'un véritable homme pour remettre les choses en place ici" ont été exprimées par beaucoup plus que quelques Juifs durant la campagne électorale.

Il y a 600.000 Juifs qui vivent aujourd'hui en France. Contrairement aux enfants des immigrés musulmans, de nombreux Juifs français ont obtenu des postes à responsabilité et ont gagné le respect et la protection du gouvernement. Dans un Etat qui met en avant l'effacement de l'identité religieuse pour favoriser une identité nationale en tant que membres de la République, les Juifs ont joué sur les deux terrains. D'un côté, ils se sont intégrés à la société française, tandis que de l'autre ils ont continué à démontrer une grande loyauté à Israël et, en particulier, aux gouvernements de la droite dure qui ont régné ces dernières décennies.

L'agitation de nombreux Juifs français et le racisme que certains d'entre eux affichent vis-à-vis des Musulmans ne sont pas un phénomène nouveau. Je me souviens d'une matinée de shabbat dans une synagogue parisienne. J'avais 12 ans. C'était pendant la guerre du Liban de 1982 et le rabbin a récité la prière pour l'Etat d'Israël et ses soldats. La congrégation a répondu par des interruptions telles que "Sharon, montre-leur !" et "Tue-les !" Le rabbin n'a fait aucun effort pour les faire taire. Même à ce moment-là, il était clair que cette communauté, qui avait fait des dons généreux à Israël, utilisait cet Etat comme instrument de vengeance.

Aucun Juif français n'oserait faire du mal à un Musulman en France. Soufir, le meurtrier juif, a émigré en Israël avant d'assassiner un Arabe - et pas à cause d'une quelconque pénurie de Musulmans en France. C'était plutôt parce que de nombreux Juifs, en France, préfèrent se draper dans le tallith des victimes - et, là-bas, les incidents anti-Juifs leur fournissent assez de munitions pour agir ainsi. L'image de la victime entraîne le gouvernement à les soutenir beaucoup, en grande partie à cause de ses propres sentiments de culpabilité face à la période de Vichy.

Le temps est venu pour l'Etat d'Israël de placer un miroir devant les Juifs de France, qui tiennent un double langage. Le Premier ministre Ehoud Olmert et la Présidente par intérim Dalia Itzik devraient rendre visite à la famille de la victime assassinée et demander pardon au nom de l'Etat et du peuple juifs, exactement comme le Roi de Jordanie Hussein le fit après le meurtre des sept fillettes de Beit Shemesh lors de l'attaque terroriste de Naharayim en 1977, exactement comme le président français et sa femme, Jacques et Bernadette Chirac, ainsi que le Premier ministre Dominique de Villepin, le firent à la suite du meurtre d'Halimi en participant au service religieux commémoratif dans une synagogue parisienne.

C'est aussi le moment approprié pour les chefs de la communauté juive de France, conduite par le Grand Rabbin Yosef Sitruk, de rendre visite à la Grande Mosquée de Paris et de demander pardon. Pardon pour ce meurtre, mais aussi pour le racisme anti-musulman qui est enraciné dans leur communauté et qui est l'une des causes principales de la détérioration, en France, des relations entre les Juifs et les Musulmans.

Traduit de l'anglais par [JFG-QuestionsCriti ques]

links:
http://questionscritiques.free.fr/edito/haaretz/racisme_anti-arabe_160507.htm

Sondage : une majorité de juifs israéliens favorables à l’apartheid
Selon une étude d’opinion réalisée par le Center for the Campaign Against Racism, publiée le 20 mars 2007 :
- Culture : 37 % des juifs israéliens pensent que la culture arabe est inférieure à la culture juive.
- Arabophobie : lorsqu’ils entendent parler arabe, 50 % des juifs israéliens ressentent de la peur et 31 % de la haine.
- Sécurité : 56 % des juifs israéliens pensent que les arabes israéliens posent un problème de sécurité à l’État d’Israël.
- Ségrégation : 55 % des juifs israéliens souhaitent que les juifs et les arabes soient séparés dans les lieux de loisir.
- Citoyenneté : 40 % des juif israéliens pensent que les arabes israéliens devraient être privés de leur droit de vote.

Source : http://www.voltairenet.org/article146681.html

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