lundi, août 02, 2010

DÉCHÉANCE DE LA NATIONALITÉ FRANÇAISE POUR CERTAINES CATÉGORIES DE PERSONNES : Les amalgames odieux de sarkozy

«Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit; je n’étais pas communiste. Quand ils ont jeté en prison les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit; je n’étais pas social-démocrate. Quand ils sont venus chercher des catholiques, je n’ai pas protesté; je n’étais pas catholique. Quand ils sont venus me chercher, il n’y avait plus personne pour protester.»

Pasteur Martin Niemöller déporté (1892-1984)

Le discours sécuritaire de Grenoble du président Sarkozy a secoué le landerneau en France en provoquant un tollé pour certains et une approbation militante pour d’autres. De quoi s’agit-il? Pour la première fois, il est fait appel à la notion de déchéance de la nationalité, non pas à des Français, d’une façon indifférenciée, mais pour certaines catégories de Français d’origine immigrés. Cette distinction ouvre le débat sur la notion d’identité française acquise d’une façon provisoire ou définitive. Il est vrai que cette dichotomie du refus de ces éléments allogènes au corps social a toujours existé sous les différents gouvernements. N’est-ce pas en effet, le général de Gaulle qui s’écriait: «(...) Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante?» N’est ce pas aussi le président Mitterrand qui parlait du seuil de tolérance? Jacques Chirac, lui, parle de bruit et d’odeur pendant que Jean-Pierre Chevènement traite les jeunes beurs de sauvageons comme aux plus belles heures du mythe des races supérieures cher à Jules Ferry, et du langage zoologique dont parle si bien Frantz Fanon.


Un article pertinent du Journal Le Monde analyse les points forts du discours de Grenoble: (...) Lutte contre la délinquance, encore et toujours. (...) Après un train d’annonces répressives concernant les gens du voyage et les Roms, ce sont cette fois les jeunes délinquants qui sont dans le collimateur du chef de l’Etat, mais aussi l’immigration. «Le Parlement examinera la possibilité d’étendre les peines plancher aux auteurs de violences aggravées.» (...) La nouveauté serait ici de les mettre en application dès la première condamnation, ce qui correspond à une revendication des syndicats policiers. La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un policier, d’un gendarme. On se souvient du provocateur «la France, tu l’aimes ou tu la quittes», lancé par Nicolas Sarkozy en 2006. Avec cette proposition de retrait de nationalité en cas d’agression sur un policier, le chef de l’Etat ne fait que reprendre une idée évoquée dans le programme de 2007 du Front National.(...) «Je souhaite que l’acquisition de la Nationalité française par un mineur délinquant au moment de sa majorité ne soit plus automatique.» (...) «Je souhaite que l’on évalue les droits et prestations auxquelles ont accès les étrangers en situation irrégulière. Une situation irrégulière ne peut conférer plus de droit qu’une situation régulière et légale.» Nicolas Sarkozy renoue ici avec une vieille thématique, aussi utilisée par l’extrême droite. (...) «Réforme profonde du droit pénal appliqué aux mineurs et saisine immédiate du tribunal pour enfants.» «Les parents manifestement négligents pourront voir leur responsabilité engagée sur le plan pénal.»(1)

La République mise à mal
Pour rappel, selon l’article 1er de la Constitution française «La République assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion». Du point de vue du droit, pour Le professeur Guy Carcassonne, toute déchéance qui laisserait un individu apatride ou qui serait basée sur le mode d’acquisition de la nationalité serait inconstitutionnelle! M.Sarkozy s’attaque ainsi à deux principes juridiques considérés comme intangibles depuis la Libération: le droit à la nationalité et le refus de toute distinction entre les Français «de souche» et ceux ayant acquis récemment la nationalité. Les réactions sont vives à Gauche «Le président de la République a pris la lourde responsabilité de faire des étrangers et des personnes d’origine étrangère ceux et celles qui seraient responsables de l’insécurité», déclare la Ligue des droits de l’homme dans un communiqué. «Ce qui est en cause, ce n’est plus le débat légitime en démocratie sur la manière d’assurer la sécurité républicaine, c’est l’expression d’une xénophobie avérée. Quelle que soit la légitimité que confère l’élection, aucun responsable politique ne détient le mandat de fouler aux pieds les principes les plus élémentaires de la République, et de désigner à la vindicte des millions de personnes. Le président de la République et son gouvernement mettent ainsi en oeuvre une stratégie de la tension, en espérant sans doute retrouver un électorat perdu, au risque de mettre en péril la paix civile. (...)Le Parti socialiste comme les Verts ont insisté sur "l’échec" de la politique de sécurité du président. (...) Pour Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), la nationalité acquise ne doit pas être remise en cause pour des raisons de droit commun sauf à créer une catégorie nouvelle de sous-Français conditionnels. (...)»(2)


A Droite, le discours ultra-sécuritaire de Grenoble est salué par la «droite populaire», un collectif de députés UMP qui assume vouloir reconquérir l’électorat FN. Ils revendiquent des valeurs très ancrées à droite: travail, famille, patriotisme, nation, sécurité, liberté d’entrepren-dre...Il s’agit, selon le député Lionnel Luca (Alpes-Maritimes), qui est l’un des initiateurs de ce rassemblement, de «revenir aux fondamentaux» du sarkozysme. Ce même Lionel Lucas, émigré de la deuxième génération, dont le père est roumain, avait défrayé la chronique en s’associant dans sa tentative de diaboliser le film de Bouchareb à deux autres personnalités, le député Emile Aboud d’origine libanaise et le secrétaire d’Etat aux anciens combattants Hubert Falco d’origine italienne qui, on l’aura compris, ne sont pourtant pas français de souche! Mystère! à moins de faire appel à un autre paramètre, la culture et surtout, le culte qui berce l’imaginaire de chacun même en terre de laïcité.


François Sergent résume l’importance du message du président Sarkozy: «Ce sont, dit-il, des mots pour faire mal, des mots pour discriminer. Après sa sortie sur le "comportement des gens du voyage et des Roms", le président s’attaque aux étrangers et aux fils et filles d’étrangers. Ce président qui se dit féru d’histoire revient aux mesures pratiquées aux heures les plus honteuses du passé français: la déchéance de la nationalité, pour la dernière fois utilisée par le régime de Vichy contre les Juifs. Il veut ainsi créer deux catégories de Français, ceux de souche, aussi vaine que soit cette définition, et ceux de naturalisation récente, donc suspecte et suspensive. Dans un amalgame odieux, il assimile ainsi la délinquance à l’immigration. (...) On ne saurait mieux ratisser sur les terres de l’extrême droite. Mais, ce n’est pas de l’angélisme de dire que la force et la répression ne peuvent résoudre la délinquance et le mal-vivre dans les quartiers. Il existe des solutions républicaines, mélange de prévention, d’éducation et de maintien de l’ordre et de la loi.»(3)


Il reste cependant, à lever une ambigüité comme l’écrit Julien Martin: «Le chef de l’Etat veut déchoir de leur nationalité les délinquants d’origine étrangère. En 2006, il refusait toute forme de double peine. (...)Nicolas Sarkozy semble bien éloigné de l’égalité républicaine...et de son ancienne «conviction». Une «conviction» pourtant couchée noir sur blanc lorsque, après deux années passées au ministère de l’Intérieur, il écrit en 2004: «La réforme de la double peine a procédé de la même conviction: à chaque délit, à chaque crime, il doit y avoir une réponse pénale ferme. Mais celle-ci ne peut varier selon que l’on est, sur sa carte d’identité, Français ou non. Lorsqu’il a passé toute son enfance en France ou qu’il y a fondé une famille, le second n’a pas à subir une seconde sanction en étant expulsé dans son pays de nationalité et coupé de sa famille.» Si le chef de l’Etat s’éloigne aujourd’hui de cette position, il se rapproche en revanche du programme du Front national.(4).


Sur quelle vision de l’histoire doit reposer l’identité nationale? Celle d’une France gauloise, continuée par les rois, accomplie définitivement avec la République? Ou celle d’une France métissée, faite de diversités culturelles et ethniques, ouverte sur l’avenir? Qu’est-ce qu’être français au XXIe siècle? Doit-on comme le réduit le débat actuel, tenir à distance le musulman au point qu’à la 4e génération on parle encore de l’origine des beurs? Qu’est-ce qu’un Français de souche? (5) Dans un de ses discours, le président Sarkozy déclarait: «(...) Mais je veux leur dire aussi que, dans notre pays, où la civilisation chrétienne a laissé une trace profonde, où les valeurs de la République sont partie intégrante de notre identité nationale, tout ce qui pourrait apparaître comme un défi lancé à cet héritage et à ces valeurs condamnerait à l’échec l’instauration si nécessaire d’un Islam de France [...]» Les musulmans doivent-ils comprendre, explique Evariste, que «la France, tu l’aimes chrétienne ou tu la quittes»? (...) Ce serait oublier que la République s’est construite en rupture avec la France chrétienne, (...) qu’il aura fallu qu’un sang impur abreuve nos sillons (que le sang bleu des forces monarchistes et cléricales soit versé).(6)

L’immigré Sarkozy
Nous donnons la parole à Jean Baubérot qui répond magistralement et avec humour au président Sarkozy: «Tu as écrit une tribune dans Le Monde (9 décembre) qui a retenu toute mon attention. En effet, tu t’adresses à tes "compatriotes musulmans", et c’est mon cas, moi Mouloud Baubérot, frère siamois de celui qui tient ce blog. Avant, par politesse, il faut que je me présente très brièvement. Ma famille provient de Constantine,. Nous sommes donc d’anciens Français. D’autres nous ont rejoint peu de temps après et sont devenus Français, en 1860, tels les Niçois et les Savoyards. Et au siècle suivant, d’autres sont encore venus. Certains de l’Europe centrale, bien différente de notre civilisation méditerranéenne. Mais, comme tu l’écris très bien, nous sommes très "accueillants", nous autres. Alors nous avons donc accueilli parmi eux, un certain Paul Sarkozy de Nagy-Bosca, qui fuyait l’avancée de l’Armée rouge en 1944. Nous sommes tellement "accueillants" que nous avons fait de son fils, ton frère siamois, immigré de la seconde génération, un Président de notre belle République. Comment être plus accueillants? Mais faudrait quand même pas tout confondre: entre lui et moi vois-tu, c’est moi qui accueille, et lui qui est accueilli. Je suis d’accord, moi Mouloud qui t’accueille, je dois te faire "l’offre de partager (mon) héritage, (mon) histoire (ma) civilisation), (mon) art de vivre". Tiens, je t’invite volontiers à venir manger un couscous avec moi. (...)»(7)


Contrairement à moi, puisque tu n’es en France que depuis une seule génération, tu as encore beaucoup de choses à apprendre quant aux «valeurs de la République (qui) sont partie intégrante de notre identité nationale». (...) D’abord, la laïcité, ce n’est nullement «la séparation du temporel et du spirituel» comme tu l’écris. Le «spirituel» et le «temporel», ce sont des notions théologiques, et cela connotait des pouvoirs. (...) Pour être concret, je vais te raconter l’histoire de France en la reliant à ma propre histoire d’ancien Français, du temps où toi, tu ne l’étais pas encore. Pendant la guerre 1914-1918, mon arrière-grand-père est mort au front, comme, malheureusement, beaucoup de Français, de diverses régions: Algérie, Savoie, ou Limousin,...car nous avons été environ 100.000, oui cent mille, musulmans à mourir au combat pour la France. Nous étions déjà tellement «arrivés» en France, que nous y sommes morts! Ces combats avaient lieu dans cette partie de la France appelée «métropole». Ma famille y était venue, à cette occasion, et elle y est restée. A Paris, précisément. Comme nous commencions à être assez nombreux, et provenant, outre la France, de différents pays, la République laïque a eu une très bonne idée: construire une mosquée, avec un beau minaret bien sûr. Elle avait décidé, en 1905, de «garantir le libre exercice du culte». «Garantir», c’est plus que respecter. (...) De plus, et je vais t’étonner Nicolas, les laïques, ils aimaient bien les minarets. Quand on a posé la 1ère pierre de la mosquée, le maréchal Lyautey a fait un très beau discours. Il a déclaré: «Quand s’érigera le minaret que vous allez construire, il montera vers le beau ciel de l’Ile de France qu’une prière de plus dont les tours catholiques de Notre-Dame ne seront point jalouses.»(7)


Un feu mal éteint! C’est ainsi que l’on peut qualifier les combats incessants et récurrents post-révolution algérienne du pouvoir français actuel à l’endroit des Algériens toutes générations confondues. Le tsunami dans les consciences suite à l’invasion du 5 Juillet 1830 par l’armée d’Afrique continue d’avoir des répliques près de 180 ans plus tard sans qu’il y ait de solde de tout comptes. Les beurs, à leur corps défendant, continueront à servir de variable d’ajustement - rhétorique connue dans les périodes difficiles. Souvenons-nous des attaques contre les Italiens coupables de manger le pain des Français, dans les années 20 du siècle dernier. Comme précédemment avec le concept «d’immigration choisie», on assiste à une dérive vers une société d’apartheid où la naissance, le privilège, la bonne fortune, la distinction de classe est tout, la citoyenneté, rien! Dans ce discours, une catégorie d’humains est supérieure aux autres. Celle des Français de souche par rapport aux étrangers devenus français le temps d’une NDD- Nationalité à Durée Déterminée- qui peut se transformer au bout d’un temps long en NDI, si le citoyen du deuxième collège se tient à carreau avec toujours l’épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Mutatis mutandis la citation du pasteur Niemöller peut s’appliquer à la situation actuelle; les Français épris de justice qui refusent les amalgames pourraient méditer les prémisses de situation analogue comme l’écrit un internaute:
«Ils sont venus chercher les jeunes de banlieue: j’ai approuvé ce sont des voyous. Ils sont venus chercher les gens du voyage: normal ce sont des voleurs de poule. Ils sont venus chercher mon voisin: normal ses parents sont nés au Mali. Ils sont venus chercher le copain de ma fille: normal ses grands-parents sont nés en Algérie. Ce matin on a tapé à ma porte.Je ne me souviens plus du lieu de naissance de mes grands-parents.» Dont acte!

(*) Ecole nationale polytechnique

1.S.Laurent: Délinquance, immigration: Sarkozy poursuit son virage. Le Monde 30. 07.2010
2.Vives réactions après les propos de Nicolas Sarkozy sur la sécurité. Le Monde.fr 30 07 2010
3.François Sergent Suspect. Libération 31/07/2010
4.Julien Martin: Déchéance de la nationalité: Sarkozy contredit Nicolas Rue89 30/07/2010
5.Chems Eddine Chitour: Comment être français au XXIe siècle. Site Alterinfo 18 12 2009
6.Évariste: Nicolas Sarkozy et la boîte de Pandore. Respublica n°630. 13 décembre 2009
7.Lettre de Mouloud Baubérot à Nicolas Sarkozy: Site Oumma.com 14 décembre 2009

Pr Chems Eddine CHITOUR

Liens:
http://www.lexpressiondz.com/article/8/2010-08-02/79140.html

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jeudi, janvier 01, 2009

Les médias occidentaux au secours de l’agresseur israélien à Gaza


mercredi 31 décembre 2008 - par Mohamed Tahar Bensaada

Il est évident qu’Israël n’aurait jamais pu lancer ses F 16 contre Gaza sans l’assurance d’une impunité internationale totale. Comme on s’y attendait, Washington a proclamé le « droit d’Israël à se défendre ». Plus hypocrites, le conseil de sécurité de l’ONU et l’UE ont appelé tous les protagonistes à cesser les hostilités, renvoyant dos à dos agresseur et agressé, colonisateur et colonisé, au mépris du droit international. Face à cette agression criminelle, les Etats arabes sont plus que jamais divisés entre la complicité des uns, à commencer par l’Egypte de Moubarak, et l’impuissance des autres qui se contentent de dénoncer une agression militaire par des communiqués de presse…

Si les retombées humaines et politiques de l’agression israélienne sont d’une gravité qui interpelle la conscience morale de tous les hommes libres, le rôle joué par les médias occidentaux dans la couverture de cette agression n’est pas moins abject. A défaut de pouvoir soutenir efficacement les vivants, nous insulterions la mémoire des morts de Gaza si nous ne démasquions pas la propagande sournoise des médias occidentaux dans cette bataille qui vise à asservir les esprits et à prévenir tout mouvement de solidarité avec le peuple palestinien en lutte pour ses droits nationaux légitimes.

Dès le lendemain des frappes israéliennes, tous les médias occidentaux ont repris la fable consistant à présenter l’agression israélienne comme une réponse au lancement des roquettes du Hamas ! La disproportion des deux types d’action suffirait à susciter le doute parmi des enfants mais qu’importe pour ces médias pro-israéliens ! Le plus important est qu’ils s’acquittent de la tâche qui leur a été confiée dans cette guerre et sans laquelle l’opération israélienne risquait de perdre ses dividendes politiques. En effet, l’essentiel est de cacher le fait capital que cette agression a été préméditée et préparée depuis six mois dans le cadre d’un agenda stratégique régional qui dépasse de loin le conflit israélo-palestinien, agenda qui a sans doute été précipité par la perspective de la prochaine élection législative israélienne et la perspective de l’investiture du nouveau président américain.

On peut toujours discuter des choix tactiques du Hamas et notamment de sa décision de ne pas reconduire une trêve qui s’est avérée un piège visant à étrangler la société palestinienne de Gaza en vue de neutraliser l’esprit de résistance de la population en recourant notamment à un embargo illégal et criminel. Mais il n’y a pas plus grand crime aujourd’hui que de chercher à faire endosser la responsabilité de l’agression israélienne par le Hamas comme tentent de le faire les régimes vendus de Moubarak et de Mahmoud Abbas. Ce que les médias occidentaux ne diront jamais est que l’agression israélienne contre Gaza, outre qu’elle était préméditée et préparée secrètement par l’état-major israélien depuis six mois, s’inscrit dans une logique stratégique bien définie, en concertation avec Washington, visant à imposer la « pax americana » dans la région du Moyen Orient.

Dans ce projet de « pax americana », les rôles des acteurs régionaux sont définis par avance. L’Iran et la Syrie doivent être neutralisés par la mise en œuvre d’une stratégie de la tension graduelle. Isolement diplomatique, embargo économique et guerre psychologique devraient préparer le terrain à une agression militaire le cas échéant. La guerre de l’été 2006 contre le Hezbollah s’inscrivait dans cette logique visant à la fois à précipiter l’effondrement du front intérieur libanais, à créer un conflit artificiel entre la Syrie et le Liban et à enlever à la Syrie et à l’Iran un allié aux capacités mobilisatrices certaines. L’agression israélienne contre le Liban a lamentablement échoué grâce à la résistance admirable du Hezbollah mais aussi grâce à la maturité de la société libanaise dans son ensemble qui a déjoué le plan israélo-américain qui escomptait un scénario de guerre civile.

L’évolution de la scène politique en Irak n’est pas pour rassurer les Américains et les Israéliens. Les actions suspectes de la soi-disant nébuleuse d’al Qaeda contre la population civile chiite n’ont pas donné le résultat escompté à savoir une guerre civile. Les forces de la résistance sunnite contre l’occupant américain ont compris le jeu américain et se sont retournés contre les groupes criminels d’al Qaeda et sont entrés dans une négociation intelligente avec le gouvernement irakien visant à redessiner la carte politique intérieure autour de la revendication majeure du retrait des forces d’occupation étrangère. La perspective d’une agression israélienne contre ses sites nucléaires a poussé, entre-temps, l’Iran à modérer son discours et sa politique à l’égard des Etats arabes voisins dans le but de leur enlever tout prétexte à une action hostile.

Dans ces conditions, il restait aux Américains et aux Israéliens de frapper le « maillon faible » de la résistance régionale qui se trouve être malheureusement Gaza. Pourquoi Gaza qui constitue pourtant un symbole de la résistance héroïque du peuple palestinien est-il devenu un « maillon faible » dans le dispositif de la résistance ? La densité démographique, la radicalisation politique de la population comme en témoigne la victoire électorale du Hamas de juin 2007 et l’existence d’une organisation paramilitaire aguerrie auraient milité pour une insertion autrement plus honorable de Gaza dans le dispositif de la résistance régionale à la « pax americana ». Mais c’était sans compter sur l’acharnement criminel d’acteurs internationaux et régionaux autrement plus puissants à commencer par Israël qui n’a pas cessé depuis 2007 de planifier et d’exécuter un embargo criminel visant la capitulation de Gaza.

Ce que les médias occidentaux ne diront jamais est que l’agression israélienne contre Gaza n’est que la continuation militaire de cette guerre qui ne dit pas son nom qui a commencé depuis juillet 2007. Ce que les médias occidentaux ne diront jamais est que cette guerre qui a déjà fait plus de 300 morts et un millier de blessés a commencé non pas le jour où les F 16 se sont lancés contre une ville sans défense aérienne mais bien le jour où Américains et Européens ont unanimement décidé de déclarer comme « terroriste » et de geler ses comptes bancaires une organisation qui vient de bénéficier de la majorité des suffrages de sa population !

La guerre médiatique occidentale a bien précédé la guerre tout court de l’aviation israélienne. L’isolement diplomatique de Gaza par les puissances occidentales qui a précédé et accompagné l’embargo économique et social exécuté par Israël a été facilité par la complicité des régimes arabes qui se sentaient politiquement menacés par la victoire électorale du Hamas. Cette complicité prend des formes variées. Le régime égyptien se charge d’enfermer la population de Gaza en faisant surveiller par son armée la seule porte d’entrée qui reste pour les habitants (Rafah).

La monarchie saoudienne contribue à financer la bureaucratie de l’autorité palestinienne vendue de Mahmoud Abbas pour lui permettre de jouer son rôle policier contre la résistance. Il faut savoir que sans la corruption de l’argent saoudien et européen, la pseudo-autorité palestinienne ne tiendrait pas un seul jour. Les bureaucrates et les politiques européens n’hésitent pas à justifier leur « aide » économique et humanitaire à la population de Gaza par leur volonté de diminuer l’influence du Hamas, et plus généralement des organisations islamistes, parmi la population palestinienne !

Au-delà des F 16 israéliens, le peuple palestinien de Gaza a affaire à une véritable conspiration criminelle internationale que les médias occidentaux cherchent à couvrir en se faisant les relais passifs de la propagande israélienne. Le peuple palestinien paie dans le sang et la douleur les frais de l’Après-11 septembre. Sinon comment expliquer l’aveuglement généralisé dont font preuve ces médias qui ne ratent pourtant aucune occasion de se lamenter sur les atteintes aux droits humains sous d’autres cieux ?

Mais ce que les médias occidentaux ne diront jamais est que le Hamas palestinien est un mouvement de libération nationale dont les noyaux fondateurs appartiennent à une mouvance idéologique, les Frères Musulmans, qui, tout en soutenant la résistance armée légitime contre l’occupation étrangère en Palestine, en Afghanistan et en Irak, s’est démarquée depuis longtemps de la violence politique dans les pays arabes et musulmans comme moyen d’accès au pouvoir et ce, malgré la répression systématique des régimes autoritaires en place. Cette mouvance condamne périodiquement les attentats terroristes qui ciblent aveuglément les civils dans le monde et qui sont généralement revendiqués par des groupuscules dits « salafistes » sans aucun rapport avec les Frères Musulmans.

Ce que les médias occidentaux ne diront jamais est que l’agression israélienne censée contribuer à la « croisade » universelle contre le « terrorisme islamique », si elle réussissait à briser militairement et politiquement le Hamas à Gaza, risquerait de détruire le seul véritable rempart contre le « salafisme » armé. Ce n’est pas le pouvoir corrompu du Fatah de Mahmoud Abbas qui pourra endiguer la déferlante « salafiste » qui risque de trouver dans la tragédie de Gaza et la défaite du Hamas de quoi nourrir son discours apocalyptique et revanchard ! A moins que ce ne soit le but inavoué des stratèges de Washington et de Tel Aviv qui trouveraient ainsi dans le « choc des civilisations » un nouveau souffle dans cette période de morosité économique…

Le fait de dénoncer la propagande mensongère des médias occidentaux ne doit à aucun moment nous amener à occulter la responsabilité des mouvements de libération arabe.La douleur et l’émotion légitimes suscitées par les scènes d’horreur des corps palestiniens déchiquetés par les missiles de l’aviation et de la marine israéliennes ne devraient pas nous empêcher de réfléchir sérieusement sur les voies et moyens à mettre en œuvre en vue de faire face à la guerre médiatique qui cultive l’amalgame entre islamisme et terrorisme. La tragédie de Gaza montre que l’enjeu de cette guerre médiatique n’est plus seulement d’ordre stratégique mais conditionne jusqu’à la mobilisation pacifiste à court terme contre un massacre à huis clos.

Il n’est pas aisé de relever ce défi d’une guerre médiatique menée par des lobbies transnationaux possédant des ressources financières, technologiques et humaines sans commune mesure avec celles dont disposent les organisations militantes. Mais ce n’est pas une raison pour négliger cette bataille capitale. En fait, ce qui fait la force de frappe essentielle des médias occidentaux dans leur guerre mensongère contre la résistance du peuple palestinien, et des peuples musulmans en général, c’est la faiblesse idéologique et politique du front de résistance anti-impérialiste et anti-sioniste dans la région. Un des symptômes les plus évidents de cette faiblesse est l’incapacité à rendre plus visible aux yeux de l’opinion publique internationale et occidentale en particulier, sa nette démarcation de toutes les formes de terrorisme aveugle visant des populations civiles innocentes où que ce soit dans le monde.

La résistance à l’occupation étrangère et à la tyrannie politique de régimes dictatoriaux perdrait de son efficacité si elle était déconnectée de la lutte contre l’intégrisme religieux qui nourrit le terrorisme aveugle, divise le front intérieur sur des bases artificielles et affaiblit les chances d’une solidarité internationale conséquente. Aujourd’hui, même les acteurs stratégiques qui devraient compter parmi les alliés objectifs et naturels du mouvement de libération arabe, comme la Russie et la Chine, restent dans l’expectative. Et pour cause. Eux aussi ont affaire à des mouvements sécessionnistes d’obédience musulmane sunnite qu’ils considèrent, à tort ou à raison, comme une menace pour leur sécurité nationale. Ils craignent par-dessus tout que ces mouvements soient manipulés par les Américains directement ou indirectement via l’Arabie saoudite.

Même les syndicats européens semblent passifs face à la tragédie de Gaza, travaillés de l’intérieur par de puissants courants pro-israéliens, liés notamment à l’Internationale socialiste. Or ces courants n’auraient jamais influencé ces organisations avec l’aisance actuelle sans les provocations stupides des courants « salafistes » qui développent en Europe un discours réactionnaire qui se retourne finalement contre les peuples musulmans en butte au sous-développement et à la dictature et contre la communauté musulmane d’Europe qui souffre d’un climat de racisme et d’islamophobie croissant.

Nul n’est besoin de chercher à savoir si les groupuscules de la mouvance pseudo-salafiste sont ou non manipulés par le Mossad et la CIA même si plusieurs indices ont montré dans un passé récent que pareille hypothèse n’est pas une vue de l’esprit. Il suffit de savoir qu’ils font objectivement le jeu des stratèges américains et israéliens et constituent le pain quotidien de la propagande des médias occidentaux pour les dénoncer et les combattre ! Ce qui se passe aujourd’hui à Gaza augure malheureusement de jours encore plus sombres pour toute la région. Si, en plus de notre incapacité à venir en aide à nos frères de Gaza, nous ne voulons pas insulter leur mémoire, ayons au moins le courage de comprendre d’où provient la force de nos adversaires, non pas pour capituler devant elle, mais pour mieux la démonter pierre après pierre.

liens
http://oumma.com/Les-medias-occidentaux-au-secours

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mercredi, décembre 31, 2008

GAZA-PALESTINE : de crime en crime... une limite franchie ?

Michèle Sibony
publié le mardi 30 décembre 2008.


29 décembre 2008

« il y a un chemin qui mène de l’humanité via la nationalité à la bestialité » écrivait Franz Grillpazer au 19e siècle. C’est le chemin que nous avons emprunté depuis la guerre des six jours ». Yeshayaou Leibovitz dans Izkor de Eyal Sivan.

Déshumaniser pour pouvoir frapper :

Le processus qui permet de frapper aujourd’hui la population de Gaza avec une telle violence est entamé depuis longtemps. Pour pouvoir frapper ainsi il faut avoir déshumanisé la cible aux yeux de sa propre population et de la communauté internationale. Rabin disait pendant Oslo qu’il rêvait de voir Gaza engloutie dans la mer. Comme s’il ne s’agissait que d’une bande de terre vierge de tout être humain. C’est sous son gouvernement que Gaza est entourée d’ une barrière de « sécurité » électronique, inaugurant la politique d’enfermement de toute la population palestinienne des territoires occupés, en Cisjordanie aussi, par un mur dit « barrière de protection » dont la construction est aujourd’hui en voie d’achèvement .

Le retrait unilatéral de Gaza en septembre 2005 achève de nier à tout responsable politique palestinien le statut de partenaire de négociation, d’ôter à toute la population de Gaza le droit de rappeler qu’elle a vécu 38 ans d’enfer avec l’occupation militaire et de dépossession par les 8000 colons, et cela bien avant que le Hamas ne soit élu. ( Rappelons nous du sort tragique réservé au très laïque chef historique palestinien Yasser Arafat, emprisonné dans la Muqata’a jusqu’à sa très suspecte maladie mortelle.)

Janvier 2006 les élections législatives reconnues exemplaires par tous les observateurs internationaux donnent la majorité au Hamas. Juillet août 2006, l’opération « pluie d’été » soigneusement calée sur l’invasion du Libanpermet de frapper pendant des semaines une population désarmée à l’ombre de la guerre qui occupe les écrans internationaux.

Juin 2007 les sbires de Dahlan armés par Israël tentent un coup de force contre le Hamas, pour reprendre le contrôle de Gaza, échec qui permet la dernière étape : Septembre 2007 Gaza avec son million et demi d’habitants est décrétée « entité hostile » perdant par cette définition tout statut politique et humain. "Le mouvement islamiste Hamas est une organisation terroriste qui a pris le contrôle de la bande de Gaza et en a fait une entité hostile. Cette organisation mène des activités hostiles contre l’Etat d’Israël et ses citoyens et elle est donc responsable de ces activités".communiqué de la présidence du conseil israélien sept. 2007 et Condolezza Rice confirme aussitôt la portée internationale de cette décision : "Le Hamas est une entité hostile pour les Etats-Unis aussi", dit-elle lors d’une conférence de presse avec son homologue israélienne Tzipi Livni. Elle assure cependant aussi : "Nous n’allons pas abandonner les Palestiniens innocents" dans la bande de Gaza, soulignant que ce territoire ainsi que la Cisjordanie constitueraient "le futur Etat palestinien". Le siège de la population de Gaza est alors décrété, la privant de tout moyen de subsistance et de soins. Et cela fait 18 mois, bientôt 19.

On a ainsi habitué soigneusement de façon calculée et progressive la « communauté internationale » à oublier un million et demi d’êtres humains, hommes femmes et enfants pour ne voir dans Gaza, que des dirigeants islamistes menaçant Israël et dont il faut se débarrasser à tout prix. A tout prix ! Même si le prix c’est 100 tonnes de bombes par jour, et des dizaines de missiles, 350 morts, 1600 blessés, en 48h et ce n’est qu’un début nous disent les porte parole de l’armée et du gouvernement israéliens.

Se gagner les gouvernements néo libéraux de l’U.E :

Parallèlement, depuis 2001 le gouvernement néo conservateur américain inspire l’U.E. Son idéologie gagne l’Europe et l ’association islam = terrorisme s’y impose progressivement. Les notions de résistance nationale sont gommées par la mondialisation version étasunienne : en Irak, au Liban en Palestine, les peuples menacés envahis sont devenus des peuples terroristes. Sharon a su très tôt profiter de cette opportunité mondiale, et se placer avec sa politique dans le « camp du bien » avec l’occident, au service de l’Occident même, en lutte contre « l’axe du mal ».
C’est ainsi que l’UE n’a pas suivi les recommandations de la cour de justice de la Haye demandant des sanctions sur le Mur. Elle a refusé de faire la différence entre les produits issus des colonies et les produits israéliens sur ses marchés, elle a refusé, contre le vote son parlement, de suspendre l’accord d’association avec Israël, et vient à nouveau de décider contre son Parlement d’un rehaussement de ses relations avec Israël qui fera de ce dernier un quasi membre de l’UE. N’est ce pas là un blanc seing accordé à l’occupation et la colonisation et aujourd’hui au massacre ? Au lieu de sanctions pour exiger un comportement conforme au droit international, l’UE offre des récompenses à un Etat voyou, et son intégration progressive pour services rendus : Israël resterait ainsi conforme à ce qu’en disait son premier concepteur Hertzl un bastion avancé de la civilisation (européenne-occidentale) contre la barbarie. Une Europe qui ne serait pas si lointaine de l’Europe coloniale du 19e siècle et de ses conceptions : Pourquoi lutter contre le mur alors que l’on en construit aux portes de l’Europe, et contre les violations des droits humains alors que l’on traite les réfugiés de la faim post coloniaux, et sans papiers dans les anciennes métropoles, comme des criminels et du bétail. Cette même Europe n’a pas hésité à punir les victimes de la politique coloniale israélienne en bloquant toute aide aux Territoires Occupés Palestiniens après le résultat des élections qui ont porté le Hamas au pouvoir.

Les grands medias français :

La nausée de ces jours ci n’est pas due aux excès de la période de fêtes. Il suffit d’écouter en boucle France Info, ou de regarder les chaînes de télévision pour se faire une idée de la réussite de cette stratégie de déshumanisation. Escalade des violences, Il s’agit d’une guerre entre Israël et le Hamas, La seule gauche israélienne interrogée sur France Info se résume à ceux qui soutiennent l’offensive contre le Hamas, c’est à dire la représentante de La Paix Maintenant Israël : Galia Golan qui déclarait tristement hier, qu’il fallait bien que s’arrêtent les tirs sur le sud d’Israël et protéger les israéliens. Et aujourd’hui Denis Charbit sur le même ton de « on tire on pleure » répète que cet affrontement était inévitable. LPM croit donc aux solutions militaires dans la région, surtout lorsqu’il s’agit du Hamas, et soigne ses états d’âme comment rester humain ( yeffe nefesh en hebreu : belle âme) et sioniste, pendant l’invasion du Liban, le massacre à Gaza ? Difficile de se dire progressiste, de gauche, humaniste, et défendre en même temps les positions de l’extrême droite sur le terrain. LPM y pourvoit. Meretz aussi : les sionistes de gauche laïcards à la sauce israélienne cautionnent le bain de sang avec les travaillistes. La télévision française (France2) reprend ce soir quant à elle littéralement la propagande israélienne : le Hamas a fait 400 morts israéliens en 10 ans, ne respecte pas les trêves( !) il n’y a que 56 civils dans le 350 morts de cette opération militaire( !!). Les kassams et la vie infernale qu’ils imposent aux israéliens du sud sont les responsables.

Comme si la bande de Gaza n’était pas bombardée toute les nuits depuis 2 ans bientôt, comme s’il y avait une quelconque comparaison possible entre la puissance de feu de la 4e armée du monde, et celle de quelques dizaines de militants du Jihad Islamique Oserait-on comparer l’état de la ville de Sderot et celui de Rafah de Khan Younis ou de Gaza ? Le nombre de civils tués par les tirs israéliens sur Gaza et celui des tués dans le sud d’ Israël pendant les 10 dernières années ? Morbides guerres de chiffres et d’images ? Certes, alors que l’on montre les deux situations ou que l’on ait la décence de se taire. Mieux vaut le silence au mensonge.

Et puis on a la mémoire bien courte : Combien de militants du Fatah ont été assassinés par Israël dans les « assassinats ciblés » avant que l’on s’attaque au Hamas ? La coupure totale de Gaza instaurée par le gouvernement israélien , l’impossibilité pour les dirigeants politiques palestiniens de circuler entre Gaza et la cisjordanie, la violence incroyable exercée depuis longtemps contre Gaza n’ont-elles pas permis et favorisé la montée du Hamas ? Combien de centaines de civils palestiniens hommes femmes et enfants civils désarmés ont été arrêtés et croupissent des mois voire des années sans procès ou jugés par des tribunaux militaires d’occupation c’est à dire illégaux, dans les prisons israéliennes parmi les 11 000 prisonniers ? Combien de destructions de plantations et d’habitations dans les territoires occupés depuis 9 ans ? Combien de trêves respectées des mois durant par le Hamas et violées sciemment par les successifs gouvernements israéliens ? Combien de villes et villages palestiniens encerclés par le mur avec une seule porte d’entrée et de sortie contrôlée par les soldats, combien de femmes enceintes et de malades morts sur les checks points ?

Nos principaux grands media sont devenus les valets de la pire des propagande de guerre ils entérinent jour après jour l’effacement de l’occupation de la colonisation et du découpage de la Cisjordanie peuplée aujourd’hui de 450 000 colons, et du siège infâme de Gaza. Ce soir devant la tente de protestation place de la fontaine des innocents un des slogans crié par la foule était : « Medias montrez la vérité ! » On se souvient d ’un autre cri de rage lors d’une autre occupation : Radio Paris ment Radio Paris est allemand.

En Israël consensus et propagande :

Le gouvernement israélien avec l’aide de ses media met le paquet sur la société civile israélienne qu’il fait vivre artificiellement dans une véritable atmosphère de guerre de survie : « Un demi million d’israéliens sous le feu » titrait dimanche le Yedioth Ahronoth – comme si la bande de Gaza n’était pas soumise à un long siège qui a détruit pour toute une génération les chances d’une vie qui vaille la peine d’être vécue. » écrit Tom Seguev dans le Haaretz 29 décembre. Des centres d’urgence psy et de prise en charge des victimes du sud sont ouverts, on parle de transférer dans le nord la population du sud, comme on l’avait fait avec les populations du Nord vers le Sud pendant la dernière invasion du Liban. Comme s’il y avait une commune mesure entre la puissance et la fréquence des tirs du Hezbollah avec celles du Hamas. Je me souviens de l’été dernier, un ami israélien revenant d’une visite à ses amis près de Tseelim Kibboutz voisin la bande de Gaza et qui racontait ébahi comment toute la famille se baignait dans la piscine et entendait en même temps les bombardements sur Gaza. J’ai passé en février dernier quelques jours de vacances dans le sud d’Israël avec des amis, et le beau temps aidant nous y avons cotoyé de très nombreux touristes israéliens qui ne semblaient pas plus terrorisés que nous par les Kassams. L’atmosphère de la rue confirmée par les dernières statistiques est celle d’un consensus féroce, 83% de la population soutiendrait l’attaque meurtrière, pour sa propre protection. Le vieux consensus forgé depuis toutes les guerres : nous sommes les victimes nous devons nous défendre, auquel se rajoute le sentiment que cette fois ce ne sera pas comme en 2006 l’échec, mais que l’ on peut gagner... et pour cause. Les Palestiniens d’Israël eux, révoltés par le massacre protestent tous les jours dans leurs villes et villages et dans les grandes villes avec les anticolonialistes israéliens. Très surveillés par la police et l’armée qui procède à des arrestations de plus en plus nombreuses. Pour eux c’est aussi l’heure de vérité : jusqu’à quand les discriminations de plus en plus grandes et à présent inscrites dans les lois, jusqu’à quand la citoyenneté de seconde zone dans un Etat juif où ils sont tolérés et sous contrôle renforcé, considérés chez eux comme l’ennemi de l’intérieur. La stratégie du pire : Il faut tout de même se poser la question du but recherché par le gouvernement israélien au delà des intérêts électoraux de cette campagne, qui d’ailleurs pourrait s’avérer peu rentable pour Livni et Barak et finalement profiter à Netanyaou -on ne fait pas une politique de droite mieux que la droite elle même après tout. Qu’attendent donc les dirigeants israéliens de l’opération « Plomb fondu », que le Hamas se rende à l’armée, quitte Gaza, renonce au résultat de ses élections, et permette à l’AP de reprendre les rênes ? Et après ? Cela avancerait-il des négociations de paix ? Pour le croire il faudrait que l’on ait pu enregistrer un quelconque progrès des négociations rencontres entre Abbas et Olmert depuis 13 mois. Un check point a -t-il été levé en Cisjordanie ? Une colonie démantelée ? Une promesse tenue sur Jérusalem ? Le point mort absolu, pire, la colonisation se poursuit, l’annexion de Jérusalem se parachève.

Transformer la résistance palestinienne à l’occupant en guerre civile inter palestinienne telle a été jusqu’ici la stratégie israélienne de ces dernières années et elle a fonctionné. Pendant des mois on a vu la police palestinienne formée par le général Dayton faire la chasse aux militants du Hamas, tout récemment regarder le pogrom de Hébron, les bras croisés, expliquant qu’elle n’est pas habilitée à intervenir contre les colons (comprendre qu’elle n’est habilitée qu’à frapper les militants Hamas). Mahmoud Abbas a même commencé par déclarer l’attaque israélienne sur Gaza justifiée, comme il avait précédemment encouragé Barak à durcir le siège pour faire plier Hamas. Cependant la violence exercée sur Gaza et dans les TOP pourrait se renverser la situation et mettre en échec cette stratégie : Les Palestiniens pourraient fort se ressouder devant l’adversité et retrouver l’union nationale qui reste leur principal atout. C’est ce que la rue palestinienne exprime en ce moment même de toutes ses forces et partout.

Le monde arabo musulman bouillonne de colère contre cette agression et la complicité ou la lâcheté de ses propres dirigeants. En Europe la brutalité sans limite israélienne n’échappe pas aux opinions qui se méfient de leurs médias aussi bien que de leurs dirigeants actuels à leur propre égard. Chaque citoyen et habitant des quartiers populaires, attaqué et affaibli dans sa vie quotidienne, et dans ses droits, par des discriminations sociales grandissantes organisées par ses gouvernements associés dans l’UE, apprend à ses dépends à faire la différence entre ce qu’il vit et ce qu’on lui raconte, et ce que vivent les hommes ailleurs et la version officielle. La mondialisation a aussi son versant populaire . La politique israélienne fondée sur la force brutale et la négation des droits fondamentaux des Palestiniens ne peut trouver écho dans nos cités et nos quartiers. Elle y éveille comme dans le monde arabo-musulman une immense colère. La seule chance de survie d’une population juive dans le Moyen Orient de demain passerait donc paradoxalement par l’imposition des normes du droit international à l’Etat voyou qui les viole toutes aujourd’hui. Et si la communauté internationale ne parvenait pas très rapidement à imposer par des sanctions sévères le retour d’Israël à la raison, dans le rang des Etats de droit, elle ne pourrait qu’assister impuissante à un véritable déferlement de haine sur sa population et par extension sur les juifs du monde pris en otage de cette politique depuis des années maintenant. Les anticolonialistes israéliens, quelques milliers qui tentent désespérément de faire entendre raison dans leur société, appellent aujourd’hui à l’intervention internationale pour que cesse la folle escalade de la violence israélienne.

Michèle Sibony.

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mardi, mai 08, 2007

Chomsky : Reflexion sur la Démocratie


Extrait de "Noam Chomsky, les Médias et les Illusions Nécessaires" (1993).

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ISRAEL : FEMMES PRISONNIERES


"Women in death castles"

A high proportion of Palestinian women prisoners in Israeli Occupation prisons are from the Nablus region.

In this film, recently released women from Balata and Nablus speak out about their pain and struggle while imprisoned. Testimonies describe interrogation, physical and mental torture, loneliness.

Includes interviews with ex-prisoners, children of current prisoners and officials from the Prisoners Society.

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mardi, février 20, 2007

23 maisons palestiniennes démolies dans le Gouvernorat de Jérusalem au cours du mois de janvier 2007

Par ARIJ
Jerusalem 19/02/2007


Nous sommes dans une nouvelle année et Jérusalem sous occupation est la cible de la campagne de Judaisation la plus intense qui vise à créer de nouveaux faits sur le terrain.
Les récents événements près de la porte des Maghrébins d'Al Haram Al Sharif ne sont que le début de la phase de démolition programmée de la mosquée Al Aqsa et de la construction du temple juif à la lumière du silence ignoble de la communauté Arabe et internationale.

Introduction

Nous sommes dans une nouvelle année et Jérusalem sous occupation est la cible de la campagne de Judaisation la plus intense qui vise à créer de nouveaux faits sur le terrain.

Bien que les Jérusalemites palestiniens soient inébranlables devant cette campagne, les projets de transfert, l'intention israélienne d'effacer l'identité et le caractère Arabes de la ville occupée, en détruisant le tissu social et économique auquel le gouvernement israélien a affecté d'énormes ressources (plus de 50 milliards de NIS) sont pourtant des questions qui vont bien au-delà de ce que les Jérusalemites palestiniens peuvent affronter.

Les récents événements près de la porte des Maghrébins d'Al Haram Al Sharif ne sont que le début de la phase de démolition programmée de la mosquée Al Aqsa et de la construction du temple juif à la lumière du silence ignoble de la communauté Arabe et internationale.

Un tel silence, en fait, encourage les Forces d'Occupation Israéliennes à continuer ses plans dans la Ville Sainte.

La Communauté internationale et les Nations Unies ont une responsabilité juridique énorme envers Jérusalem en sa qualité de ville occupée. En tant que tel, le droit international oblige la puissance occupante à maintenir le statu quo et à ne faire aucun changement à son caractère actuel.

La Communauté internationale devrait également assumer sa responsabilité en soumettant les autorités d'Occupation israélienne aux articles du droit international, en particulier aux accords de La Haye et de Genève demandant le soutien au peuple palestinien, ce à quoi Israel continue de refuser d'adhérer.

Cette étude fait état des récentes violations israéliennes récentes concernant les démolitions de maison dans la ville occupée de Jérusalem pendant le mois de janvier 2007.

Démolitions de maisons

La municipalité de Jérusalem Occupé a commencé la nouvelle année avec une série de crimes grâce auxquels elle a expulsé des Palestiniens de leurs maisons avant de les démolir sur leur contenu ce qui indique, d'une certaine façon, l'animosité raciale, la haine et l'insistance à transformer la ville en une ville purement juive.

Cette campagne de démolition de maisons a été accompagnée par une série de guerres psychologiques conçues pour empêcher les Jérusalemites palestiniens à pratiquer leur droit fondamental d'avoir leurs propres maisons pour eux-mêmes et leurs familles qui leur fournit un abri, l'intimité, la sécurité et la dignité nécessaires.

Les outils de cette guerre (qui ont été publiés sur internet et dans les journaux) sont composés de menaces et de scénarios de fin du Monde si les Jérusalemites palestiniens violaient les règles et les règlementations de la municipalité qui a rendu l'obtention de permis de construire à Jérusalem "une impossibilité procédurale" selon un juge de tribunal israélien.

Un exemple de cette guerre est l'annonce intitulée "Annonce et Avertissement" publié la première semaine de janvier 2007 par la municipalité de Jérusalem Occupée dans le journal Al-Quds.

Dans cette annonce, la municipalité a menacé les Palestiniens qui violent les codes de construction de la municipalité d'une série de punitions et de pénalités.

Ces pénalités incluent des photos aériennes et la confiscation des outils de construction comme les tracteurs, les camions de ciment et les bétonneuses, les générateurs électriques en supplément de la démolition du bâtiment (des maisons et autres).

L'annonce/avertissement était signé par Yousi Hayalo, le conseiller juridique de la municipalité, et Osnat Foset, l'ingénieur de la municipalité.

Un précédent avertissement était paru en septembre 2006 sur le site internet de la municipalité sous le titre "Annonce et Avertissement à tous les ingénieurs du Bâtiment et aux Urbanistes" dans lequel la municipalité déclarait qu'en cas de onstruction illégale : "Des poursuites en justice seront effectuées contre le propriétaire du permis, l'architecte, le directeur des travaux, le directeur exécutif et l'entrepreneur qui a effectué la construction."

D'ailleurs, le journal hebdomadaire israélien "Urshaliem" avait publié un autre avertissement dans son édition de la dernière semaine de juillet 2006 : "La municipalité de Jérusalem prendra des mesures jamais vues auparavant pour arrêter les violations de construction dans la Vieille Ville de Jérusalem.
Des inspecteurs du Bâtiment du Département des permis de Construire et de Surveillance de la municipalité seront accompagnés de la police israélienne aux portes d'entrée de la Vieille Ville pour arrêter l'entrée des matériaux de construction.

En tant que tels, tous les véhicules transportant des matériaux de construction dans la Vieille Ville seront arrêtés, fouillés et leurs destinations devront être connues."

Ces mesures ont été prises pour que les Palestiniens cessent de rénover la Mosquée Al Aqsa, le Dôme du Rocher, l'église du Saint Sépulcre ainsi que la construction d'une salle de bains, d'une cuisine ou le rénovation de n'importe quelle maison palestinienne à l'intérieur de la Vieille Ville.

Les équipement et les matériaux de construction seront confisqués et les Palestiniens qui les transportent seront arrêtés et payeront une amende.

D'autre part, si les matériaux sont destinés au mur occidental (le Mur des Lamentations) ou aux colonies juives d'Aqabat Al Khalidiay, d'Aqabat Al Mufti, d'Harat Al Sa'adiya parmi d'autres secteurs de colonisation dans la Vieille Ville, les matériaux de construction auront alors un libre accès garanti sans aucun obstacle.

Une autre forme de guerre psychologique est la tendance de la municipalité à publier la photo et les détails des immeubles des bâtiments terminés pour conseiller aux citoyens de ne pas acheter ou louer sous prétexte que c'est "illégal".

Les employés du Centre de Recherches de la Terre ont documenté les démolitions de maisons suivantes à Jérusalem pendant le mois de janvier 2007 :

• Le 15 janvier 2007, l'expulsion et la démolition de la maison de Mme Malook Kazem Abdullah à Khliiat Al Ein à Al Tur (Mont des Oliviers). La famille était composée de 12 individus. Malook, la femme au foyer, a déclaré :
"J'étais dans la maison quand l'un de mes voisins m'a appelé pour demander la raison de la présence d'un grand nombre de policiers des frontières, de la police israélienne et de bulldozers autour de la maison.

J'ai ouvert la porte pour voir ce qui se passait et j'ai été suprise par une attaque d'hommes armés avec leurs chiens policiers.
Ils m'ont traîné hors de la maison sur quelques mètres. Alors des femmes soldats accompagnées d'un chien policier sont entrées dans la chambre de ma fille et l'ont traînée hors de la maison par l'épaule.

Tous autres membres de la famille ont été traités de la même manière. Ils nous ont sortis de la maison et ils ont ensuite commencé à la démolir sur son contenu. Même nos papiers d'identité et les plans de la maison sont restés.
Les bulldozers ont cassé une partie des meubles que nous sommes parvenus à sortir ainsi que la cabane où mes fils avaient l'habitude de travailler et 30 arbres ont été déracinés."

• Le 16 janvier 2007, les bulldozers de la municipalité de Jérusalem ont démoli la maison de M. Basem Siyam et de sa famille composée de 5 membres à Al Abbasiya dans le quartier Al Thury, au sud de la Vieille Ville sous le prétexte qu'une partie de la maison a été située sur une rue terminée

• Le 16 janvier 2007, les bulldozers de la municipalité de Jérusalem ont démoli la maison de 135 m2 appartenant à M. Mahmoud Ahmad Al Abbasi dans le quartier d'Al Sweih à Silwan sans aucun avertissement préalable.
M. Mahmoud a décrit le processus de la démolition : "Les soldats se sont comportés de façon terrible avec les habitants du quartier. Je n'étais pas là au moment de la démolition.
J'ai appris que les soldats étaient là, donc je suis revenu à toute vitesse et j'ai demandé à l'officier de police et au représentant de la municipalité de me montrer l'ordre de démolition.
Ils ont dit "Nous vous le montrerons" après quoi ils m'ont menotté et m'ont emmené au commissariat de police voisin jusqu'à ce que la démolition soit terminée. Ils ont même démoli la partie basse de la maison qui n'était pas concernée par l'ordre de démolition.
Les soldats ont même frappé un certain nombre de mes parents et des gens du quartier et ils en ont emmenés plusieurs au commissariat de police jusqu'à ce que la démolition soit terminée vers 19h."

• Le 22 janvier 2007, les bulldozers de la municipalité de Jérusalem Occupée accompagnés du personnel israélien de la sécurité ont démoli à 10h30 un bâtiment de 4 étages comprenant 8 appartements à Sur Baher. Le bâtiment appartenait aux fils de M. Mohammad Hammad Al A'amas.

Quand le fils, Mahmoud, a appris la nouvelle de la démolition, il s'est précipité à la maison où il a été frappé par la police qui l'a empêché d'approcher sa maison. Il a été également détenu dans la jeep de police avec son beau-frère.

Plus tard, ils ont été transférés au commissariat de police d'Al Mukabber d'Al où ils sont restés jusqu'à ce que la démolition soit terminée vers 17h. Le bâtiment a été démoli sous le prétexte qu'il avait été construit sans permis de construire.

• Le 23 janvier 2007, la municipalité de Jérusalem Occupée a démoli pour la deuxième fois, la maison de Mr. Jamal Al Taweel à Al Sawahra Al Sharqiya qui a été construite il y a trois ans pour abriter sa famille de 9 membres.

La municipalité avait démoli une maison appartenant à la même famille en 1999 dans le secteur de Shi'ab Al Inab, à l'est de Silwan.

• Le 23 janvier 2007, la municipalité de Jérusalem Occupée a démoli la maison de M. Amer Abu Diab qu'il a construit il y a trois ans à Al Sawahra Al Sharqiya pour abriter sa famille de 8 membres.

La municipalité a démoli sa maison ainsi que la maison de M. Al Taweel (voir ci-dessus) le même jour bien que les deux propriétaires n'aient pas utilisé de ciment dans la fabrication du plafond de leurs maisons afin de ne pas donner d'excuses aux autorités israéliennes pour qu'elles les démolissent.

• Sans aucun avertissement préalable, le gouverneur militaire israélien a ordonné la démolition de la maison de M. Majed Issa Barakat à Nabi Samueil au nord-ouest de Jérusalem le 23 janvier 2007.
La maison de 40 m2 était composée de deux pièces dont une avait été construite il y a 20 ans par le père tandis que la seconde avait été construite par le fils pour loger sa famille de 3 membres.

Le gouverneur militaire a démoli les maisons de la famille Al Barakat à de nombreuses reprises. Il a également fait en sorte que la plupart des terres du village soient confiquées en raison de leur situation stratégique. Toutes les maisons sur les terres confisquées ont été également démolies

• Le 28 janvier 2007, la municipalité de Jérusalem Occupée a démoli la maison de la famille Abu Zahiriya qui était en construction dans le secteur de Houd Al Tabel à Beit Hanina.

• Le 30 janvier 2007, la municipalité de Jérusalem Occupée a commis un massacre contre le droit au logement des Palestiniens dans la ville puisqu'elle a démoli, pour la deuxième fois, la maison de M. Ghadeer Abu Ghalia après qu'il ait payé une amende de 40.000 NIS (7.300 Euros) afin de retrder la démolition avec l'espoir qu'il puisse annuler l'ordre de démolition. Pourtant, la municipalité avait démoli à peu près 70 m2 le 15 décembre 2006.

M. Abu Ghalia était parvenu à obtenir un ordre "d'arrêt de démolition" pour le reste de la maison et un délai jusqu'au 15 janvier 2007 pour obtenir un permis de construire. Ce jour-là, les bulldozers israéliens sont revenus, encore une fois, pour démolir ce qui restait de la maison. M. Abu Ghalia a payé une autre amende de 60.000 NIS (11.000 Euros) dans l'espoir de pouvoir sauver ce qui restait de la maison où il vit avec sa famille.

Malgré tout l'argent versé, la maison a été démoli le 30 janvier 2007

• Les Forces d'occupation Israélienne ont démoli le 30 janvier 2007 les maisons de M. Mohammad Ahmad Al Hirsh et de son fils Ahmads. La superficie totale des maisons démolies était de 300 m2 où vivaient 26 individus.

Les maisons ont été démolies sur la majeure partie de leurs meubles après que les soldats israéliens aient attaqué et humilié les habitants des deux maisons quand ils ont essayé de défendre leur domicile.

M. Al Hirsh a dit que la démolition a été effectuée pour faire de la place au Mur d'Apartheid israélien.

• Toujours le 30 janvier 2007, les Forces de l'occupation Israélienne ont démoli les maisons de Na'eem et Khalil Qatmira à Ras Al Ayazra. Les soldats ont également démoli une pièce de stockage et un mur.

• Encore le 30 janvier 2007, les bulldozers de l'armée israélienne ont démoli une maison en construction qui appartenait à M. Nayef Al Shweiki dans le secteur d'Hodd Al Tabel à Beit Hanina. (voir la carte)

Ci-dessous, liste des maisons démolies à Jérusalem au cours du mois de janvier 2007 :

Lieu – Nbre de maisons démolies
Atur, Al Ze'ayyem : 2
Al Thuri : 2
Silwan : 1
Wad Qadoom : 2
Sur Baher : 8
Al Sawahra Al Sharqiya : 1
Al Izzariya : 4
Beit Hanina : 2
Nabi Samuel : 1
TOTAL : 23
Source: Base de données mensuelle de LRC - 2007


Fortes amendes

La municipalité de Jérusalem Occupée effectue des démolitions sous la forte protection des services de sécurité comme pour induire la peur dans les coeurs et la tête des Jerusalemites palestiniens.

Les résidants sont forcés de démolir leurs maisons par eux-mêmes.

Autrement, ils auraient des amendes d'au moins 30.000 NIS (5.400 Euros) à payer sous quelques heures à la cour de la municipalité en échange de l'ajournement de la démolition pour quelques jours, si ce n'est quelques heures.

Cette courte période courte fournit une chance d'aller de nouveau au tribunal ou à la municipalité dans l'espoir d'annuler la démolition, ce qui se produit rarement.

Ces amendes ne sont pas les seules. Un autre sorte d'amendes s'appelle"Amende pour la violation de construction" et coûte très cher et peut atteindre jusqu'à des centaines de milliers de Shekels.

La démolition survient habituellement après avoir épuisé les capacités financières du Jerusalemite palestinien après l'avoir forcé à payer des amendes une fois ou deux.

Par exemple, la municipalité a forcé la famille Al Razem dans Wadi Qadoom le 21 janvier 2007, à démolir leur maison de deux étages en construction.

La famille a effectué la démolition elle-même par crainte que la municipalité, si elle effectuait la démolition, démolisse également le rez-de-chaussée de la maison qui n'a pas été inclus dans l'ordre de démolition.

D'autres familles dans l'ensemble de Jérusalem ont été également forcées de démolir leurs propres maisons par crainte que la municipalité les démolisse et fasse payer aux familles de fortes amendes en plus des mois d'emprisonnement.

Exemples :

• La famille d'Ali Abu Sneina a eu une amende de 50,000 NIS (9.000 Euros)

• La famille Abu Ghalia a payé une amende de 40,000 NIS (7300 Euros), pourtant la maison a été démolie un mois plus tard.

• Les familles Karshan et Al Sa'eiree d'Al Tur (Mt.des Oliviers).

• La famille de Khaled Al Basha d'Al Izzariya ( Bethany).

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lundi, janvier 22, 2007

Impossible voyage

Par Amira Hass

Toutes les promesses d'assouplissement des restrictions en Cisjordanie ont caché la réalité. Quelques barrages routiers ont été enlevés, mais les interdictions ci-dessous restent en vigueur (informations recueillies par Haaretz, le Bureau de Coordination des Affaires humanitaires des Nations Unies et Machsom Watch)

Check-point d'Huwara, sud de Naplouse

Interdictions permanentes :

* Il est interdit aux Palestiniens de la Bande de Gaza de rester en Cisjordanie.
* Il est interdit aux Palestiniens d'entrer à Jérusalem Est.
* Il est interdit aux Palestiniens de Cisjordanie d'entrer dans la Bande de Gaza par le passage d'Erez.
* Il est interdit aux Palestiniens d'entrer dans la Vallée du Jourdain.
* Il est interdit aux Palestiniens d'entrer dans les villages, les villes, les terres et les environs le long de la "ligne de soudure" entre le mur de séparation et la Ligne Verte (environ 10% de la Cisjordanie) .
* Il est interdit aux Palestiniens qui n'habitent pas Beit Furik et Beit Dajan (région de Naplouse) et Ramadin (sud d'Hébron) d'entrer dans ces
villages.
* Il est interdit aux Palestiniens d'entrer dans les zones de colonies (même si leurs terres sont situées à l'intérieur de la zone construite).
* Il est interdit aux Palestiniens d'entrer en voiture à Naplouse.
* Il est interdit aux habitants palestiniens de Jérusalem d'entrer dans la Zone A (villes palestiniennes en Cisjordanie) .
* Il est interdit aux habitants de la Bande de Gaza d'entrer en Cisjordanie par le passage Allenby.
* Il est interdit aux Palestiniens de partir à l'étranger par l'Aéroport Ben Gurion.
* Il est interdit aux enfants de moins de 16 ans de quitter Naplouse sans leur certificat de naissance et sans être accompagnés par leurs parents.
* Il est interdit aux Palestiniens détenteurs de permis d'entrer en Israël par les passages utilisés par les Israéliens et les touristes.
* Il est interdit aux habitants de Gaza de prendre résidence en Cisjordanie.
* Il est interdit aux habitants de Cisjordanie de prendre résidence dans la Vallée du Jourdain, dans les communautés situées sur la "ligne de
soudure" ou dans les villages de Beit Furik et Beit Dajan.
* Il est interdit aux Palestiniens de passer des marchandises et des cargaisons aux checkpoints intérieurs de Cisjordanie.

Interdictions périodiques :

* Il est interdit aux habitants de certaines parties de la Cisjordanie de se déplacer dans le reste de la Cisjordanie.
* Il est interdit à certains groupes d'âge – en particulier les hommes de 16 à 30, 35 ou 40 ans – de quitter les zones où ils résident (habituellement Naplouse et les autres villes du nord de la Cisjordanie) .
* Les voitures privées peuvent être refoulées au checkpoint de Swahara-Abu Dis (qui sépare le nord de la Cisjordanie du sud). Cette mesure a été annulée pour la première fois il y a deux semaines, dans le cadre de l'assouplissement des restrictions.

Permis de voyage demandés :

* Une carte magnétique (nécessaire pour l'entrée en Israël, mais elle facilite le passage des checkpoints à l'intérieur de la Cisjordanie) .
* Un permis de travail pour Israël (l'employeur doit en faire la demande auprès des bureaux de l'administration civile).
* Un permis pour traitement médical en Israël et dans les hôpitaux palestiniens de Jérusalem Est (le demandeur doit produire une invitation de l'hôpital, son dossier médical complet et la preuve que le traitement qu'il demande ne peut pas lui être fourni dans les territoires occupés).
* Un permis de voyage pour passer les checkpoints de la Vallée du Jourdain.
* Un permis de commerce pour transporter des marchandises.
* Un permis pour cultiver le long de la ligne de soudure requiert un formulaire du bureau de la terre, un acte de propriété et la preuve de parenté de premier degré avec le propriétaire enregistré.
* Un permis d'entrée pour la ligne de soudure (pour les cousins, les équipes médicales, les ouvriers, etc. Les titulaires de permis doivent
entrer et sortir par le même passage, même s'il est loin, ou s'il ferme tôt).
* Permis pour passer de Gaza vers la Cisjordanie en traversant Israël.
* Un certificat de naissance pour les enfants de moins de 16 ans.
* Une carte d'identité de résident long séjour pour ceux qui vivent dans les enclaves de la ligne de soudure.
Checkpoints et barrières :

* Il y avait 75 checkpoints tenus par des soldats en Cisjordanie au 9 janvier 2007.
* Il y a une moyenne de 150 checkpoints volants par semaine (à septembre 2006).
* Il y a 446 obstacles placés entre les routes et les villages, y compris des cubes de béton, des remparts de terre, 88 portails en fer et 74 kilomètres de grilles le long des routes principales.
* Il y a 83 portails en fer le long de la barrière de séparation, séparant les propriétaires de leurs terres. Seuls 25 de ces portails ouvrent de temps en temps.

Routes principales interdites aux Palestiniens, officiellement ou en pratique :

* la Route 90 (la voie la plus importante de la Vallée du Jourdain).
* la Route 60, au nord (part de la base militaire de Shavei Shomron, à l'ouest de Naplouse et va vers le nord).
* la Route 585 le long des colonies Hermesh et Dotan.
* la Route 557 à l'ouest, de la jonction Taibeh-Tulkarem (la Ligne Verte) à Anabta (à l'exclusion des habitants de Shufa) et à l'est, du sud de Naplouse (checkpoint Hawara) à la colonie Elon Moreh.
* la Route 505, de Zatara (jonction de Naplouse) à Ma'ale Efraim.
* la Route 5, de la jonction de Barkan à la Ligne Verte.
* la Route 446, de la jonction de Dir Balut à la Route 5 (près des colonies d'Alei Zahav et Peduel).
* les Routes 445 et 463 autour des colonies Talmon, Dolev et Nahliel.
* la Route 443, de Maccabim-Reut à Givat Ze'ev.
* les rues de la Vieille Ville d'Hébron.
* la Route 60, de la colonie d'Otniel en direction du sud.
* la Route 317, autour des colonies du sud des Collines d'Hébron.

Temps de trajet avant 2000 et aujourd'hui :

Tulkarem / Naplouse
Avant 2000 : au plus une demi-heure
Maintenant : au moins 1 heure.

Tulkarem / Ramallah
Avant 2000 : moins 1 heure
Maintenant : 2 heures

Beit Ur al-Fawqa / Ramallah
Avant 2000 : 10 minutes
Maintenant : 45 minutes

Katana-Beit Anan / Ramallah
Avant 2000 : 15 minutes
Maintenant : d'1 heure à 90 minutes

Bir Naballah / Jérusalem
Avant 2000 : 7 minutes
Maintenant : 1 heure

Katana / Jérusalem
Avant 2000 : 5 minutes
Maintenant : "personne ne va plus à Jérusalem".

Source : Haaretz

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vendredi, décembre 29, 2006

Les rêves des palestiniens

Ceux ne sont pas seulement les rêves des palestiniens, ceux sont les rêves et les droits de tout être humain.

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