dimanche, janvier 24, 2010

Magic wand bomb detector deemed fraudulent, inventor imprisoned

Remember back a few months when news broke about a little device that claimed to detect different sorts of bombs? The ones that the Iraqi government spent $85 million on over the last few years even though American military commanders and the FBI stated that they simply don’t work. Well, as we all assumed, the ADE-651 is a sham. It’s just a dirty racket. Good thing that the British government finally caught on, banned the device and threw the inventor in jail. (He’s out on bail as of writing)

It seems that the heart of the device is ID badge-sized cards that are supposed to be used for detecting different items. There are different cards for everything from TNT, plastique, to even money and elephants. However, as the Cambridge Computer Laboratory found out, these cards contain nothing more than a dumb RFID tag. Seriously, watch the BBC investigation video after the jump.

The device is supposed to work on the same principle of finding water with a stick, dowsing. The scary thing is that this was never hid from the Iraqi government who purchased thousands of them at a cost of $40,000 per unit. The damn things aren’t even powered. It’s just a radio controlled car antenna on a hinge connected to a plastic grip with a wire leading to a RFID card reader. Who knows if the card reader even did anything.

Jim McCormick as quoted by the TimesOnline, “We have been dealing with doubters for 10 years. One of the problems we have is that the machine does look a little primitive. We are working on a new model that has flashing lights.”

The ADE-651 isn’t McCormick’s first unit. Randi.org states that he has sold $85 mil worth of the devices over the past 10 years. Interestingly enough, James Randi previously offered up a $1,000,000 purse to whoever proves that dowsing actually finds anything. McCormick never took the test.

An export ban on the ADE-651 and similar devices start next week in Britain. McCormick was arrested on suspicion of fraud by misrepresentation but later released on bail. Who knows what will happen to him and his company, ATSC. But even if the courts take him down, five more companies will likely spring up around the globe and take up his cause of scamming governments while putting people at risk.

Link: http://avi.bz/e35cf2

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mardi, novembre 20, 2007

IRAK : Ce que Bush veut cacher



NO COMMENT.

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mardi, avril 03, 2007

ON EST TOUS RESPONSABLE...

Deux petites filles dans un hôpital à KARKOUK-IRAQ

Leur crime est d'être né dans un monde de sourds et aveugles...

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dimanche, mars 18, 2007

Speciale Pirates

Partie I



Au début, en 85, il y eut un livre: "TAZ" (Temporary Autonomous Zone = Zone Autonome Temporaire). C'était la première apparition d'Hakim Bey. Le premier à avoir cru en ce brûlot, c'est Jim Flemming, fondateur d'autonomedia, une maison d'édition indépendante de Brooklyn. Depuis sa première parution en 85, TAZ a été traduit dans une douzaine de langues et s’est vendu à plus de 20 000 exemplaires. Sans compter la myriade d'éditions pirates distribuées sur le net, parce que tous les écrits d’Hakim Bey sont libres de droits. Soufisme, utopies pirates, anarchisme, terrorisme poétique: Bey le prolifique a publié des dizaines d’essais.

Hakim Bey vit à l'abri des medias. Et pour se protéger, il fixe ses propres règles à ceux qui veulent l'approcher. C'est par téléphone à la dernière minute qu'il nous fixe le lieu du rendez vous. L'interview se fera chez lui. New-yorkais d'origine, l'écrivain habite depuis 6 ans une petite ville bien tranquille à 200 kilomètres de Big Apple dont nous ne dévoilerons pas le nom. Suivant ses instructions, l'équipe pose sa caméra sur la table du salon et saisit parfois sa main au passage.

Le A31, ou 31 août 2004, des dizaines de groupes multiplient les actions éclairs et partent à l'abordage des symboles du pouvoir, comme Carlyle, fournisseurs de l'armement en Irak ou Fox News, la télé à la botte des Républicains. Autant de TAZ, de Temporary Autonomous Zone ou Zone Autonome Temporaire qui vont bloquer à leur manière chaque déplacement des délégués de la Convention Républicaine.

Partie II


Il y a trois siècles, dans les Caraïbes et l'Océan Indien, les pirates font de leurs bases de repli des mondes où cohabitent toutes les couleurs de peau, toutes les religions, et où est abolie la propriété privée. Ces utopies pirates n'ont laissé d'autres traces que ces tombes siglées du Jolly Roger, la tête de mort inscrite sur les drapeaux noirs. La plus fameuse de ces communautés est Libertalia, qui aurait tenu plusieurs dizaines d'années au large de Madagascar avant d'être écrasée par la marine anglaise. Mythe ou réalité, c'est elle qui inspire ici les studios Disney. Les pirates, décidément, ne sont pas des gens fréquentables!

Ces communautés inventées par les pirates, nous dit Hakim Bey, n'étaient pas faites pour durer. Un siècle avant la Révolution Française, elles se moquaient des frontières, mais se savaient condamnées. Les pirates étaient mobiles, et disparaissaient comme ils étaient venus. Un mode d'action appliqué au pied de la lettre par les forbans modernes, comme ceux de Burning Man qui se donnent quinze jours au milieu d'un lac salé en Arizona pour vivre au delà des limites en toute liberté. C'est aussi le modèle des free-parties et des raves dans le monde entier.

Et surtout, les zones autonomes temporaires investissent, comme il y a trois siècles les territoires pour lesquels il n'existe pas encore de carte, pas de gouvernement ni de police. Tous ces rêves devenus réalité ne sont pas uniquement festifs. A Taos au Nouveau-Mexique, les artisans du projet Earthship voient loin, jusqu'à la création de villes autosuffisantes, même sans permis de construire.

Le premier hacker c’est John Draper. Dans les années 70, bien avant le net, il a écumé les lignes téléphoniques américaines, sans jamais payer de facture. On appelait ça le phone-phreaking. Son Surnom, Captain Crunch est une référence à ce paquet de céréales qui contenait un petit sifflet en plastique. Sa fréquence, 2600 hertz, lui permettait de pirater le système. Avec la Blue Box du Captain Crunch on pouvait telephoner sans limite dans l’illegalité totale. Ses premiers admirateurs sont aussi ses premiers employeurs, les patrons d'Apple. Ses héritiers reprennent le flambeau. 2600 est le titre d'un fanzine culte qui croit aux promesses de l'informatique naissante. Parmi ces pionniers les Masters of Deception, une bande menée par Phiber Optic. En 1992 il tombe pour phone phreaking. Le plus notoire des pirates informatiques est Kevin Mitnick. Fugitif, ciblé par le FBI, il laisse sa carte de visite partout. Le jour de noël 95, il pénètre l’ordinateur personnel du cybercop qui le traque, Shimomura. Mitnick écope de cinq ans de prison. Aujourd'hui, les banques s'arrachent ses services.

Malgré la répression, les pirates poursuivent leurs activités. La Defcon, à Las Vegas, est la plus grand convention de casseurs de codes au monde. Sur les 6000 hackers qui y participent, 20% sont des policiers. Petit à petit, l'Etat quadrille et verrouille le net. La fin de la liberté pour le Web? Des derniers îlots résistent. On les appelle les Warez zones. Sur ces plates-formes illégales, on peut télécharger et cracker des centaines de logiciels. Lorsque les cyber-flics repèrent l'adresse du site émetteur, un programme le fait basculer immédiatement sur une nouvelle adresse à l'autre bout du monde.

Partie III

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mardi, janvier 16, 2007

Le régime irakien prêt à céder les réserves pétrolières aux géants américains de l’énergie

Par Jerry White
12 janvier 2007


Tandis que l’administration Bush se prépare à intensifier la violence militaire contre le peuple irakien, le régime de Bagdad mis en place par les Américains est prêt à approuver une nouvelle loi sur les hydrocarbures qui donnera une mainmise sans précédent des vastes réserves de pétrole du pays aux conglomérats énergétiques américains et britanniques. Cette nouvelle loi, dont les termes sont détaillés par le journal britannique The Independent du 7 janvier, ridiculise toute prétention de souveraineté irakienne et souligne que l’objectif réel de l’entreprise sanglante de l’impérialisme américain est de coloniser le pays et de s’emparer de quelques-unes des plus importantes réserves de pétrole non exploitées qui restent dans le monde.

Le texte de cette nouvelle loi, qui sera approuvée selon toute attente par le parlement irakien dans les jours qui viennent et mise en place dès le mois de mars, a été rédigé par une entreprise américaine d’experts-conseils employée par l’administration Bush et a été présentée aux principales compagnies pétrolières ainsi qu’au Fonds monétaire international pendant l’été. En décembre, bon nombre, sinon la majorité, des députés irakiens n’avaient toujours pas vu cette législation.

The Independent, qui s’est procuré une version de la loi, divulguée par fuite, rapportait dimanche : « On s’attend à ce que le conseil des ministres approuve, dès aujourd’hui, une nouvelle loi controversée sur les hydrocarbures, fortement appuyée par les gouvernements américain et britannique qui va radicalement remodeler l’industrie pétrolière irakienne et ouvrir la voie à la troisième plus importante réserve pétrolière du monde. Cette loi permettrait la première opération de grande envergure de compagnies pétrolières étrangères dans le pays depuis la nationalisation de l’industrie en 1972. » Le journal a ajouté que la nouvelle loi « marquerait un écart par rapport à la norme concernant les pays en voie de développement » et serait la première en son genre pour tout producteur de pétrole important du Moyen-Orient, où l’Arabie saoudite et l’Iran, premier et second plus importants producteurs mondiaux, « contrôlent tous deux étroitement leur industrie au moyen de compagnies nationalisées sans collaboration étrangère notable », comme c’est le cas pour la plupart des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).

L’aspect juridique le plus significatif de cette législation en instance est l’introduction de ce qu’on appelle des accords de partage de production (APP) où l’Etat garde la propriété des réserves de pétrole mais déverse des milliards aux compagnies pétrolières étrangères pour les dédommager de leur investissement dans l’infrastructure et le fonctionnement des forages, pipelines et raffineries.

D’après l’avant-projet de loi, les APP en Irak seraient arrêtés pour une durée de 30 ans ou plus, permettant ainsi aux compagnies pétrolières étrangères de conserver des arrangements favorables quelles que soient les mesures prises par un prochain gouvernement pour réguler les profits, les taux d’imposition ou les niveaux de production. Une disposition d’un avant- projet antérieur de la nouvelle loi, dont on ne sait si elle sera retenue dans la dernière version, insiste sur le fait que tout conflit avec une compagnie étrangère doit en dernière instance être réglé par arbitrage international et non irakien.

Les conditions accordées par la garantie de la nouvelle loi assureront des bénéfices massifs à ExxonMobil, Chevron, BP et autres conglomérats énergétiques. Tandis qu’elles recouvrent les coûts de leurs investissements initiaux pour développer un champ pétrolifère, les compagnies étrangères pourront conserver 60 à 70 pour cent du revenu du pétrole. Après avoir récupéré leurs dépenses initiales, les compagnies peuvent empocher jusque 20 pour cent des bénéfices.

Par contraste, la compagnie française Total avait signé un accord avec Saddam Hussein avant la seconde guerre en Irak pour développer un immense champ qui aurait permis à la compagnie de ne conserver que 40 pour cent des bénéfices tandis qu’elle recouvrait ses frais et 10 pour cent par la suite, d’après le Dr Muhammed-Ali Zainy, économiste haut placé du Centre for Global Energy Studies (Centre d’études de l’énergie mondiale.)

Des experts en énergie disent que les conditions qui sont sur le point d’être acceptées par le gouvernement irakien ne peuvent être comparées qu’aux accords de partage de production signés par la Russie avec Shell dans les années 90, suite à la liquidation de l’URSS et à la « thérapie de choc » économique qui avait accompagné le démantèlement de l’économie nationalisée.

Dans la première moitié du vingtième siècle, sous le système des accords de concession, les compagnies pétrolières étrangères avaient le contrôle du pétrole sous terre dans leurs colonies et payaient une redevance symbolique aux soi-disant gouvernements nationaux. Devant l’insurrection anticoloniale de l’après Seconde Guerre mondiale, les compagnies multinationales énergétiques commencèrent à promouvoir le système d’accords de partage de production en opposition au mouvement grandissant de nationalisations de l’industrie pétrolière au Moyen-Orient et ailleurs. Introduits d’abord en Indonésie suite au renversement, soutenu par les Etats-Unis, du régime nationaliste de Sukarno en 1965, de tels arrangements permettaient aux compagnies étrangères d’extraire du pétrole et des bénéfices massifs tout en maintenant un semblant de souveraineté nationale.

D’après les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie, les APP ne sont utilisés que pour 12 pour cent des réserves mondiales de pétrole, dans des pays où les perspectives d’exploration sont incertaines et où les coûts de production sont élevés. Ce n’est nullement le cas en Irak où le coût d’extraction du pétrole par baril est parmi les plus bas au monde du fait que les réserves sont relativement proches de la surface et que de nombreux champs ont déjà été découverts mais pas développés du fait des années de guerre et de sanctions économiques. La plupart des gigantesques champs pétrolifères d’Irak sont déjà localisés et tracés sur la carte et il n’y a donc aucun risque et coût d’exploration, contrairement à ceux de la Mer du Nord, de l’Amazone ou des sables goudronneux du Canada, où d’énormes investissements sont nécessaires.

L’accord signé par le régime de Bagdad soutenu par les Etats-Unis revient au système de concessions qui existait quand l’Irak était sous contrôle britannique.The Independent remarque, « Dans le chapitre intitulé “Régime fiscal”, l’avant-projet de loi dit clairement que les compagnies étrangères n’ont aucune restriction pour sortir leurs bénéfices hors du pays et ne sont soumises à aucun impôt si elles le font. » Le projet de loi déclare « une personne étrangère peut rapatrier ses procédures d’exportation [en accord avec les régulations de change en vigueur à ce moment] ». Les parts dans les projets pétroliers peuvent aussi être vendues à d’autres compagnies étrangères : « On peut librement transférer des parts appartenant à des partenaires non Irakiens. »

Une guerre pour le pétrole

L’Irak possède 115 milliards de barils de réserves de pétrole connues, soit dix pour cent du total mondial, et on estime qu’une industrie fonctionnant à pleine capacité pourrait générer 100 milliards de dollars de revenus annuels. Les ressources les plus importantes sont celles des champs du Majnoon et de Qurna Occidental, à proximité de Basra au sud du pays, qui contiennent près du quart des réserves établies d’Irak. En plus de cela, on estime que l’Irak possède entre 100 et 200 milliards de barils de réserves possibles, y compris dans le désert occidental.

Ces vastes réserves inexploitées de pétrole facile à atteindre et à bas prix, sans parler du gaz naturel, sont depuis longtemps une cible essentielle des conglomérats énergétiques américains et britanniques, notamment parce que la découverte de nouveaux gisements de pétrole ailleurs ralentit de façon draconienne et que les réserves existantes diminuent. Avec l’augmentation de la demande, particulièrement de la part des pays en rapide voie de développement tels la Chine et l’Inde, le contrôle du pétrole du Moyen-Orient, et tout particulièrement des vastes réserves d’Irak, est devenu un objectif géostratégique vital pour l’impérialisme américain.

Dès le milieu des années 90, l’inquiétude grandissait à l’idée que le développement des sanctions imposées par les Nations-Unies après la première guerre du Golfe permettrait à Saddam Hussein d’établir des accords lucratifs avec la France, la Russie la Chine et d’autres compagnies pétrolières, qui excluraient les Etats-Unis et la Grande-Bretagne et réaligneraient l’industrie énergétique mondiale. L’écrivain politique Kevin Phillips fit remarquer dans son livre Théocratie américaine : le péril et la politique de la religion radicale, du pétrole et de l’argent emprunté au 21e siècle, « Tant que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pouvaient maintenir en place ces sanctions, en utilisant des allégations sur des armes de destruction massive, Saddam ne pouvait pas mettre en application son propre plan d’expansion à grande échelle des concessions pétrolières (estimées à 1,1 million de milliards) à leurs rivaux économiques en Europe et en Asie. »

Des mois après l’invasion américaine de l’Irak, et après une longue bataille juridique avec la Maison-Blanche, il a été révélé que le contrôle des champs pétrolifères d’Irak était une des principales questions discutées lors de la réunion «Energy Task Force» du vice-président Dick Cheney avec des cadres de l’industrie pétrolière en 2001. Parmi les objets publiés par injonction de la cour, il y avait des cartes des champs pétrolifères, des pipelines et des raffineries d’Irak, ainsi qu’une liste des « étrangers à la recherche de contrats pour champs pétrolifères irakiens », citant plus de 60 entreprises de 30 pays, plus particulièrement de France, Russie et Chine, qui avaient des projets soit déjà acceptés, soit en cours de discussion avec Bagdad. Le géant français Total, par exemple, devait obtenir le champ pétrolifère Majnoon à 25 milliards de barils, tandis que Lukoil de Russie avait un contrat pour développer les champs pétrolifères du Qurna Occidental.

L’article de The Independent sur la nouvelle loi sur les hydrocarbures fait remarquer qu’il est peu probable que ces contrats soient considérés valides par le gouvernement irakien et que « ExxonMobil est à présent considéré par les initiés comme le favori pour accaparer les droits sur le champ Majnoon ».

Les agissements du régime fantoche de Bagdad ont confirmé le fait, soupçonné par des millions de personnes de par le monde, qu’un pays tout entier a été détruit et des centaines de milliers de gens tués dans une guerre pour le pétrole et les profits.

(Article original anglais publié le 11 janvier 2006)

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http://www.wsws.org/francais/News/2007/
janvier07/120107_petrole.shtml

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Irak : une offensive américaine sur Bagdad lance l’intensification des meurtres et de la répression, par James Cogan.

[Un assaut contre les sadristes sera inévitablement un des épisodes les plus sanglants de la guerre en Irak, qui coûtera la vie d’un grand nombre d’Américains et causera la mort de milliers d’Irakiens supplémentaire. Combattre l’armée du Mahdi, notait le Washington Post hier, pourrait mener à des « mois de combats de rue ». Craignant de voir des unités de l’armée composées de chiites refuser d’attaquer Sadr City et même de les voir retourner leurs armes contre les forces américaines, les États-unis ont insisté pour que deux unités des brigades armées irakiennes composées de miliciens kurdes, soient déployées dans la capitale pour prendre part aux opérations dans les zones chiites. Ce qui soulève la perspective d’un conflit entre Kurdes et chiites en plus de la violence sectaire sunnite contre chiite qui a déjà coûté la vie à des milliers de personnes chaque mois.]

WSWS, 13 janvier 2007.

L’intensification de la guerre esquissée par le président américain George W. Bush mercredi soir est déjà bien enclenchée. Depuis samedi dernier, le gouvernement irakien et les forces américaines ont entrepris une opération pour déloger les combattants de la résistance anti-occupation de la rue Haifa, une des grandes artères au cœur de Bagdad qui longe la rive ouest du fleuve Tigre et amène à la « zone verte », la région où on trouve l’ambassade américaine et les bureaux du gouvernement irakien.

Une offensive violente a eu lieu mardi sur cette rue. Ce qui a suivi a rendu clair que l’augmentation du nombre des soldats américains et irakiens dans Bagdad est une préparation pour des meurtres et une répression de masse.

Haifa est un quartier qui est surtout habité par des Arabes sunnites et la rue elle-même est bordée de tours à bureaux et des appartements et des maisons des anciens fonctionnaires et officiers de l’armée du régime baasiste de Saddam Hussein, privés de leurs emplois et de leur position sociale depuis l’invasion américaine. Les rues adjacentes, plus pauvres et habitées en grande partie par la classe ouvrière ont été décrites par les soldats américains comme un « labyrinthe » de ruelles tortueuses et de maisons s’écroulant et comme « l’endroit parfait pour les insurgés devant se cacher ».

Depuis que la résistance à l’occupation américaine a crû en 2003, ce quartier est réputé être un des plus dangereux de Bagdad. Alors que des raids fréquents ont eu lieu et que des centaines de résidants ont été tués ou détenus, l’armée américaine n’a pas réussi à ce jour à soumettre la population par la terreur. Aussitôt que les forces américaines se sont retirées du quartier, des cellules de guérillas se sont formées de nouveau et ont repris l’insurrection.

L’opération actuelle de la rue Haifa, en ligne avec le but plus large de l’augmentation du nombre des soldats de Bush, vise à utiliser une force disproportionnée pour finalement arriver à supprimer l’opposition. Après trois jours de recherches par des forces irakiennes mal équipées - et qui semblent avoir été utilisées comme chair à canon pour déterminer la position des insurgés - les soldats américains dans des véhicules blindés Stryker, appuyés par des avions militaires F-18 et des hélicoptères armés Apache, ont pris la tête de l’offensive tôt le matin.

Quelque mille soldats ont été mobilisés pour sécuriser moins de deux kilomètres de l’artère. La résistance a commencé immédiatement après que les forces gouvernementales se sont emparées du square Tala’a à l’extrémité nord de la rue Haifa et de là se sont dirigées vers le sud, entrant de force dans les maisons et les bureaux des deux côtés de la rue, soi-disant à la recherche d’insurgés. Dès 6h30 le matin, des combattants irakiens équipés seulement d’armes légères, de grenades-fusées et de mortiers.

Les tactiques utilisées par les commandants américains contre la résistance irakienne offrent un aperçu de ce qui aura lieu à une vaste échelle lorsque les forces américaines mettront en œuvre le plan de Bush. Les soldats américains n’ont fait aucune tentative de prendre les bâtiments desquels on leur tirait dessus. Plutôt - et ce, dans une zone urbaine où les civils n’ont reçu aucun avertissement qu’un assaut se préparait - des hélicoptères armés et des Strykers ont tiré sur les maisons et les bureaux avec de l’artillerie lourde alors que les positions alléguées des insurgés étaient réduites en cendre par des missiles Hellcat tirés des airs ou par des missiles antitank et des grenades lancés du sol.

Les toits des immeubles où l’on croyait que des tireurs étaient embusqués ont été mitraillés par des avions de combat F-15 et F-18, volant au-dessus de la capitale jusqu’au début de l’après-midi, alors que les troupes américaines et irakiennes allaient de maison en maison sur 1,6 kilomètre de la rue Haifa. Les avions américains ont directement fait feu sur une mosquée et sur un ancien cimetière, alléguant que des insurgés s’y cachaient.

Il n’y a pas eu de morts ou de blessés graves du côté des forces des États-Unis et du gouvernement irakien. Au moins 50 insurgés auraient été tués et 21 autres capturés. Selon les officiels, aucun civil irakien n’aurait été tué par le barrage de balles et d’explosions. Aucune confirmation indépendante n’est venue corroborer cette affirmation. S’adressant à l’agence Reuters, un homme irakien a déclaré qu’un grand nombre de corps apportés à la mosquée étaient des « civils innocents ». La majorité des guérilléros se sont probablement fondus dans la population ou réfugiés à d’autres endroits de la ville.

À la suite de l’attaque, des positions militaires ont été établies dans le quartier Haïfa, provoquant ainsi les guérillas afin qu’elles attaquent les forces d’occupation et révèlent ainsi leur position. Les soldats du gouvernement irakien servent dans ce cas d’appât. Ils sont envoyés en patrouilles et en missions de recherche, alors que les forces américaines attendent pour réagir à la moindre attaque avec une puissance de feu massive.

À Ramadi, la capitale de la province irakienne occidentale d’Anbar, des commandants de la marine avaient adopté cette stratégie l’an dernier. Cela avait fait des marines et de leurs collaborateurs irakiens des cibles perpétuelles. Plus du tiers des pertes américaines se sont produites dans cette province. Les combats font maintenant partie d’une violente guerre d’attrition urbaine, et les soldats américains répliquent de manière brutale. Un grand nombre de bâtiments entourant les positions des marines à travers la ville sont en ruines.

Toutefois, de telles tactiques sont en accord avec le manuel de contre-insurrection du général Davis Petraeus, l’officier nommé par Bush ce mois-ci pour être les nouveau chef des forces américaines en Irak qui dirigera le « déferlement ». Petraeus soutient qu’il faut installer des troupes américaines dans des bases situées directement dans les forteresses de l’insurrection et convertir ces zones en ce qu’ont déjà baptisé les tacticiens des États-Unis de « ghettos ».

Un représentant de l’armée a déclaré mercredi au Los Angeles Times : « On pourrait créer des ghettos parce que la population les veut, parce que la population veut se sentir en sécurité. On pourrait aussi les créer pour contrôler la population et ses déplacements et rendre les opérations des insurgés plus difficiles. C’est la théorie derrière tout cela. » En Irak, où la très grande majorité de la population souhaite voir sortir les forces américaines du pays, le véritable objectif en est un de contrôle.

En élaborant le plan des « ghettos », Petraeus et son personnel se sont inspirés de tactiques qui ont été utilisées durant d’autres brutales guerres coloniales, comme la contre-insurrection française en Algérie, l’occupation britannique de l’Irlande du Nord et la politique américaine de « hameaux stratégiques » au Viêt-Nam.

En fait, des zones entières de Bagdad et d’autres villes irakiennes seront transformées en camps de concentration. La communauté locale devra endurer une répression militaire constante. Tous les points d’entrées de la zone seront bloqués par des barricades ou des postes de contrôle, on assignera des cartes d’identité aux résidents, leurs déplacements seront limités et leurs résidences soumises à des fouilles régulières pour empêcher les guérilleros de s’établir à nouveau dans la zone.

Il ne fait aucun doute que durant les prochains mois, la politique de la mission de Petraeus sera étendue aux zones chiites à majorité ouvrière de la banlieue de Sadr City, qui a une population de plus de deux millions de personnes. Dans un effort désespéré et insouciant pour subjuguer l’Irak, l’administration Bush a clairement indiqué qu’elle souhaitait anéantir le mouvement politique dirigé par l’imam Moqtada al-Sadr et son importante milice qu’est l’Armée du Mahdi.

L’administration Bush et l’armée américaine accusent l’Armée du Mahdi d’être le principal protagoniste chiite dans la meurtrière violence sectaire qui se déroule entre les extrémistes sunnites et chiites et rivaux. Toutefois, la principale préoccupation de Washington est que le mouvement sadriste, la plus grande faction chiite du parlement irakien, se bâtisse un appui massif en s’opposant à la perspective américaine de contrôle néocolonial à long terme sur l’Irak. Bien qu’il n’a pas appelé à la résistance armée contre l’occupation américaine depuis deux soulèvements chiites qu’il avait dirigés en 2004, le mouvement sadriste s’est maintenant retiré du gouvernement pour protester contre la rencontre du premier ministre Nouri al-Maliki avec Bush en novembre dernier en Jordanie.

Sadr insiste pour un échéancier pour le retrait des troupes américaines, s’oppose à toute ouverture de l’industrie pétrolière aux compagnies étrangères et appelle pour l’adoption de mesures améliorant les conditions de vie horribles du peuple irakien. Il est prévu que les sadristes gagneraient un vote substantiel si des élections étaient tenues dans les régions chiites du pays. Alors que l’administration Bush intensifie ses provocations contre le régime chiite de l’Iran, l’armée du Mahdi est également considérée comme une menace considérable et grandissante dans les cercles militaires américains. La milice est constituée de 60 000 combattants et contrôle effectivement des unités entières des forces de sécurité irakienne. Sadr s’est engagé à lutter pour défendre l’Iran si elle était attaquée par Israël ou les Etats-unis.

La prétention que l’actuel plan militaire est le résultat du travail du gouvernement irakien est démentie par le fait que Maliki, préoccupé par la réaction de sa base politique chiite, a, de façon répétée, rejeté la demande de Washington qu’il sanctionne une attaque contre l’armée du Mahdi dans Sadr City. En fait, en novembre dernier il a proposé un retrait complet des troupes américaines de Bagdad pour laisser la sécurité entre les mains de l’armée et de la police dominée par les chiites.

Maintenant, face au boycott sadriste et la menace ouverte des Etats-Unis que son gouvernement est « sous surveillance », Maliki a apparemment accepté les demandes américaines. Bush a déclaré mercredi soir que le premier ministre de l’Irak a promis que l’armée américaine aura « le feu vert » pour entrer dans les quartiers qui abritent « ceux qui entretiennent la violence sectaire ».

En réponse aux questions du Washington Post à savoir si Maliki avait explicitement sanctionné les opérations contre Sadr, un administrateur officiel senior déclarait lors d’un briefing aux journalistes : « Sans entrer dans les détails des conversations présidentielles, tout le monde comprend qu’il faut régler le cas de l’armée du Mahdi et de Sadr. » « Maliki, a continué cet officiel, a dit que le commandant sera libre de poursuivre ceux qui agissent hors la loi où qu’ils se trouvent dans Bagdad... Ce qui inclurait Sadr City. »

Un assaut contre les sadristes sera inévitablement un des épisodes les plus sanglants de la guerre en Irak, qui coûtera la vie d’un grand nombre d’Américains et causera la mort de milliers d’Irakiens supplémentaire. Combattre l’armée du Mahdi, notait le Washington Post hier, pourrait mener à des « mois de combats de rue ». Craignant de voir des unités de l’armée composées de chiites refuser d’attaquer Sadr City et même de les voir retourner leurs armes contre les forces américaines, les États-unis ont insisté pour que deux unités des brigades armées irakiennes composées de miliciens kurdes, soient déployées dans la capitale pour prendre part aux opérations dans les zones chiites. Ce qui soulève la perspective d’un conflit entre Kurdes et chiites en plus de la violence sectaire sunnite contre chiite qui a déjà coûté la vie à des milliers de personnes chaque mois.

De plus, il y a peu d’indication que l’administration Bush a sérieusement considéré la possibilité qu’une attaque contre Moqtada al-Sadr pourrait déclencher une insurrection anti-américaine à travers tout le sud de l’Irak. Les préparations en vue du conflit se poursuivent cependant. Des troupes américaines ont pris d’assaut une résidence dans Sadr City dans la nuit et aurait commencé plus tôt cette semaine à ériger des barrages routiers et des points de surveillance routiers à des points d’entrées stratégiques du quartier. Les scènes sanglantes de cette semaine dans les rues d’Haifa et le bombardement aérien d’un quartier urbain densément peuplé sont maintenant voués à se perpétuer à travers la capitale.

James Cogan

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http://www.wsws.org/francais/News/2007/janvier07/
130107_bagdad.shtml

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vendredi, décembre 29, 2006

Les enfants de la palestine et de l'Iraq

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