lundi, janvier 19, 2009

Victorieux mais vilipendé : Israël a « détruit son image et son âme »

Par Kim Sengupta à Jérusalem et Donald Macintyre à la frontière égyptienne de Gaza
The Independent, dimanche 18 janvier 2009
article original :
"Victorious, but vilified: Israel has 'destroyed its image and its soul'"

Après trois semaines de carnage à Gaza, les premiers signes de tentative de cessez-le-feu se sont produits hier soir. Mais, alors qu’Israël déclare victoire sur le champ de bataille, le lourd héritage de ces 22 derniers jours que ce pays devra porter est que sa réputation a rarement sombré aussi bas.

Hier, les Nations-Unies ont appelé à une enquête pour crimes de guerre après que deux enfants, âgés de cinq et sept ans, ont été tués. L’ONU soutient qu’un char israélien a frappé une école abritant quelques-uns parmi les plus de 40.000 réfugiés déplacés de l’intérieur.

« Ces deux petits garçons sont aussi indiscutablement innocents qu’ils sont morts », a déclaré John Ging, le chef de l’Agence des Nations-Unies pour les Réfugiés Palestiniens (UNRWA) à Gaza. A Jérusalem, Chris Gunness, le porte-parole de l’ONU, a ajouté : « Il doit y avoir une enquête pour déterminer si un crime de guerre a été commis ».

M. Gunness a utilisé un langage exceptionnellement sévère. Mais cet appel est arrivé au point culminant, non seulement d’un nombre croissant de victimes civiles, mais également d’une série d’attaques contre des installations de l’ONU, et, dans certains cas, contre les personnes qui se trouvaient sous sa protection à ce moment-là. La plus mortelle de ces attaques fut le pilonnage de l’école de l’UNRWA de Fakhura, à Jabalya, où 43 Gazaouis déplacés de l’intérieur ont été tué le 6 janvier.

Et encore, la semaine dernière, une attaque a été lancée, laquelle a été – ou aurait dû être – tout aussi embarrassante sur le plan diplomatique. Alors même que le Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-moon se trouvait dans la région pour des discussions avec les ministres israéliens, une attaque à été lancée contre la principale installation de l’UNRWA, blessant trois personnes et mettant le feu au carburant et à la nourriture qui se trouvaient dans le dépôt. M. Ging a déclaré que cela avait été causé par du phosphore blanc, qui envoie un panache dense de fumée noire et qui est devenu l’image du jour dans les reportages télévisés.

Des travailleurs des Nations-Unies et des pompiers palestiniens tentent d'éteindre les incendies et de sauver les sacs de secours alimentaire au siège de l'UNRWA après un bombardement israélien le 15 janvier

Tandis que Ban Ki-moon déclarait que le ministre israélien de la défense avait fait ses excuses pour une « grave erreur », les porte-parole du gouvernement ont immédiatement suggéré – exactement comme ils l’avaient fait dans l’affaire de Jabalya, bien que des officiels de l’UNRWA disent que cela avait été rétracté dans des conversations en privé – qu’il y avait eu des tirs de la part d’activistes depuis ou autour de l’installation de l’ONU. M. Ging a dit que cette affirmation était « absurde », ajoutant que l’ONU avait alerté les Israéliens que cette installation courrait le risque d’un pilonnage et qu’elle leur avait fourni ses coordonnées GPS pour prévenir une attaque.

Pendant ce temps, un bombardement israélien a fait sauter un immeuble dans la ville de Gaza, qui abritait les bureaux de Reuter et plusieurs autres organismes de presse, blessant un journaliste d'une chaîné de télévision d'Abou Dhabi.

On a commencé à voir se dessiner un modèle : après chaque épisode de « dommages collatéraux », les organisations internationales accusaient l’armée israélienne de viser des immeubles et des zones de civils ; ensuite, les Israéliens répondaient qu’ils avaient simplement riposté aux combattants du Hamas qui utilisaient ces endroits pour lancer des attaques. Aucune discussion n’a eu lieu pour savoir si l’usage de la force par l’armée israélienne était proportionnée ou non.

Mais, tandis que la préoccupation internationale grandissait à propos du nombre croissant de morts à Gaza, le gouvernement israélien a continué de recevoir un fort soutien majoritaire de ses citoyens. Un point de vue commun exprimé par de nombreux Israéliens était que le Hamas avait causé tout ça lui-même en continuant de tirer des roquettes dans le sud d’Israël pendant les huit dernières années.

Dès la nuit dernière, l’humeur des Israéliens semblait être en train de changer. Avec les élections qui approchent et, ce qui est peut-être encore plus décisif, un nouveau président des Etats-Unis sur le point de prendre ses fonctions mardi prochain, la ministre des affaires étrangères Tzipi Livni et M. Barak étaient tous deux – bien que tardivement – prêts à appeler à une halte, au début de la semaine dernière. Seul, le Premier ministre Ehoud Olmert, apparemment désireux d’exorciser les échecs au Liban en 2006, semblait poursuivre cette guerre avec enthousiasme. Peu d’Israéliens ont pour l’instant rappelé la remarque presciente de l’un des pères du sionisme moderne, Chaim Weizmann : « Le monde jugera l’Etat juif par la manière dont il traitera les Arabes ».

Pour de nombreux Israéliens, le coût de cette guerre est devenu clair lorsqu’un médecin parlant l’hébreu, Izz el-Deen Aboul Aish, qui avait été fréquemment interviewé à la télévision en prime-time par un journaliste de premier plan, Shlomi Eldar, a téléphoné à ce journaliste en direct pour annoncer que ses trois filles avaient été tuées. « Mon Dieu ! Mes filles, Shlomi », ont pu entendre les téléspectateurs lui dire. « Personne ne peut venir jusqu’à nous, s’il vous plaît ? » Alors que M. Eldar obtenait des autorités qu’elles permettent aux services de secours de se rendre auprès de cette famille sinistrée, les commentateurs se sont bien rendu compte que le même désastre accablait des centaines d’autres familles qui n’avaient pas d’accès direct à la télévision israélienne.

Ari Shavit, un des principaux éditorialistes du quotidien « Haaretz », était depuis le début un fervent défenseur de cette « guerre juste ». Dès vendredi dernier, il écrivait : « Pilonner une installation des Nations-Unies est quelque chose qui ne doit jamais se produire, mais le faire le jour même où le Secrétaire Général de l’ONU est en visite à Jérusalem défie tout entendement. Le niveau de pression que les Forces de Défense d’Israël ont exercé sur Gaza a peut-être coincé le Hamas, mais il détruit Israël. Il détruit son âme et son image. Il a détruit Israël sur les écrans de télévision du monde entier, il l’a détruit dans les salles à manger de la communauté internationale… »

Traduction [JFG-QuestionsCritiques]

liens
http://questionscritiques.free.fr/edito/Independent/Kim_Sengupta/
Israel_ONU_crimes_de_guerre_Gaza_180109.htm

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vendredi, janvier 16, 2009

Song for Gaza: “We will not go down”

This is a song of hope for the Palestinians in Gaza, composed and performed by Michael Heart (http://www.michaelheart.com/Song_for_Gaza.html)




lyrics

WE WILL NOT GO DOWN (Song for Gaza)
(Composed by Michael Heart)
Copyright 2009


A blinding flash of white light
Lit up the sky over Gaza tonight
People running for cover
Not knowing whether they’re dead or alive

They came with their tanks and their planes
With ravaging fiery flames
And nothing remains
Just a voice rising up in the smoky haze

We will not go down
In the night, without a fight
You can burn up our mosques and our homes and our schools
But our spirit will never die
We will not go down
In Gaza tonight

Women and children alike
Murdered and massacred night after night
While the so-called leaders of countries afar
Debated on who’s wrong or right

But their powerless words were in vain
And the bombs fell down like acid rain
But through the tears and the blood and the pain
You can still hear that voice through the smoky haze

We will not go down
In the night, without a fight
You can burn up our mosques and our homes and our schools
But our spirit will never die
We will not go down
In Gaza tonight

Thank you Michael...

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jeudi, janvier 08, 2009

What You Don’t Know About Gaza

By RASHID KHALIDI
Published: January 7, 2009

NEARLY everything you’ve been led to believe about Gaza is wrong. Below are a few essential points that seem to be missing from the conversation, much of which has taken place in the press, about Israel’s attack on the Gaza Strip.

THE GAZANS Most of the people living in Gaza are not there by choice. The majority of the 1.5 million people crammed into the roughly 140 square miles of the Gaza Strip belong to families that came from towns and villages outside Gaza like Ashkelon and Beersheba. They were driven to Gaza by the Israeli Army in 1948.

THE OCCUPATION The Gazans have lived under Israeli occupation since the Six-Day War in 1967. Israel is still widely considered to be an occupying power, even though it removed its troops and settlers from the strip in 2005. Israel still controls access to the area, imports and exports, and the movement of people in and out. Israel has control over Gaza’s air space and sea coast, and its forces enter the area at will. As the occupying power, Israel has the responsibility under the Fourth Geneva Convention to see to the welfare of the civilian population of the Gaza Strip.

THE BLOCKADE Israel’s blockade of the strip, with the support of the United States and the European Union, has grown increasingly stringent since Hamas won the Palestinian Legislative Council elections in January 2006. Fuel, electricity, imports, exports and the movement of people in and out of the Strip have been slowly choked off, leading to life-threatening problems of sanitation, health, water supply and transportation.

The blockade has subjected many to unemployment, penury and malnutrition. This amounts to the collective punishment — with the tacit support of the United States — of a civilian population for exercising its democratic rights.

THE CEASE-FIRE Lifting the blockade, along with a cessation of rocket fire, was one of the key terms of the June cease-fire between Israel and Hamas. This accord led to a reduction in rockets fired from Gaza from hundreds in May and June to a total of less than 20 in the subsequent four months (according to Israeli government figures). The cease-fire broke down when Israeli forces launched major air and ground attacks in early November; six Hamas operatives were reported killed.

WAR CRIMES The targeting of civilians, whether by Hamas or by Israel, is potentially a war crime. Every human life is precious. But the numbers speak for themselves: Nearly 700 Palestinians, most of them civilians, have been killed since the conflict broke out at the end of last year. In contrast, there have been around a dozen Israelis killed, many of them soldiers. Negotiation is a much more effective way to deal with rockets and other forms of violence. This might have been able to happen had Israel fulfilled the terms of the June cease-fire and lifted its blockade of the Gaza Strip.

This war on the people of Gaza isn’t really about rockets. Nor is it about “restoring Israel’s deterrence,” as the Israeli press might have you believe. Far more revealing are the words of Moshe Yaalon, then the Israeli Defense Forces chief of staff, in 2002: “The Palestinians must be made to understand in the deepest recesses of their consciousness that they are a defeated people.”

Rashid Khalidi, a professor of Arab studies at Columbia, is the author of the forthcoming “Sowing Crisis: The Cold War and American Dominance in the Middle East."

liens
http://www.nytimes.com/2009/01/08/opinion/
08khalidi.html?_r=2&ref=opinion

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